Utilisation des réserves énergétiques : rôle de la contraception orale ?
De nos jours, afin de contrôler la procréation et/ou les symptômes prémenstruels, les femmes ont recours à la contraception orale. De par ses spécificités biologiques, la contraception orale peut augmenter la quantité de sucre dans le sang (glycémie) et de lipides sanguins (cholestérol, triglycérides) des femmes, mais également modifier l’utilisation des réserves énergétiques (sucres et des lipides) lors d’un exercice physique.
L’exercice prolongé d’intensité modérée permet une augmentation de l’utilisation des lipides, et, est donc conseillé dans un objectif de perte ou de contrôle de la masse grasse. Ce phénomène est d’autant plus marqué si l’exercice est réalisé en situation de jeûne. Cependant, dans des conditions de vie courante, il peut être difficile de réaliser une activité physique à jeun (risque hypoglycémique, malaises).
L’objectif de ce travail a été d’étudier l’influence de la contraception orale et de la prise alimentaire sur l’utilisation des sucres et des lipides lors de l’exercice chez des femmes.
L’expérience
Vingt et une jeunes femmes (18-30 ans) ont réalisé ce protocole. Onze étaient sous contraception orale minidosée avec un dosage hormonal similaire tout au long de la prise de la contraception et dix jeunes femmes ne prenaient aucune contraception. Leur composition corporelle a été évaluée par une méthode radiologique permettant de déterminer leur masse grasse (tissu adipeux) et leur masse musculaire. Leur capacité maximale de consommation d’oxygène à l’exercice a été testée sur bicyclette. Les sujets ont ensuite réalisé deux visites expérimentales :
- 1- Prise alimentaire à 8h15 et 45 min d’exercice modéré (65% de leur capacité maximale) à partir de 12h
- 2- Exercice similaire réalisé en situation de jeûne.
Des prises de sang ont été effectuées tout au long des journées expérimentales, et l’utilisation des sucres et des lipides a été déterminée durant l’exercice.
En situation de repos à jeun, les femmes sous contraception présentaient des concentrations plus importantes de lipides liés aux risques cardio-vasculaires que les femmes sans contraception. En revanche la prise d’une contraception orale n’a pas influencé l’utilisation des sucres et des lipides à l’exercice.
La prise alimentaire a eu un impact sur l’utilisation de ces réserves énergétiques. En effet, en situation de jeûne, l’utilisation des lipides a été augmentée à l’exercice quel que soit le statut hormonal des femmes.
Ainsi, que ce soit dans un objectif de santé ou d’entrainement, il est important de considérer le statut nutritionnel des femmes lors de la prescription d’activités physiques.
Un résumé conçu par Laurie Isacco, docteure au Laboratoire Adaptations Métaboliques à l’Exercice en conditions Physiologiques et Pathologiques (AME2P - EA 3533) de l’Université Blaise Pascal.
Publié le 11 juillet 2012
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Référence complète :
Isacco L, Thivel D, Pelle A, Zouhal H, Duclos M, Duche P, Boisseau N.
Oral contraception and energy intake in women : Impact on substrate oxidation during exercise. Applied Physiology, Nutrition and Metabolism.
NRC research press, Vol. 37, Numéro 3.









