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GPLF-INFOS 17 (Juin 2005)
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Groupement des Protistologues de Langue Française
Siège social : Laboratoire de Biologie des Protistes, Complexe Scientifique des Cézeaux.
Université Blaise Pascal - Clermont-Ferrand,
63177 AUBIERE Cedex, France
Site Web : http://www.univ-bpclermont.fr/ASSOC/gplf/
Contacts: genevieve.bricheux@univ-bpclermont.fr, desporte@mnhn.fr
anne.fleury@ibaic.u-psud.fr , grellier@mnhn.fr
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La qualité, la quantité et la diversité des informations présentées au 43ème congrès qui s’est tenu à Dourdan du 16 au 18 Mai confirment le rôle du GPLF dans l’échange des données acquises sur les unicellulaires. Nos collègues d’Orsay ont assuré l’organisation de ces journées avec le soutien financier de l’Université Paris-Sud et de la Division de la recherche de la Faculté des Sciences. A l’ouverture du congrès, il fut proposé de les dédier à deux membres récemment décédés du GPLF : le grand tropicaliste William TRAGER qui mit au point le premier modèle in vitro de Plasmodium falciparum et notre collègue Adrien BATISSE, spécialiste des Acinétiens auxquels il consacra des publications illustrées avec talent.
Les données présentées sur le génôme (séquençage, analyse fonctionnelle) l’évolution et la phylogénie, l’origine et la biodiversité sont obtenues à partir de représentants de groupes libres ou parasites. Avec l’analyse génomique, la protistologie devient également le champ d’investigation de mathématiciens représentés en la circonstance, par Alessandra CARBONE qui développe un programme d’analyse fonctionnelle du génome de Plasmodium falciparum.
Les spécialistes des picoeucaryotes, cellules minimales (outre le noyau, une mitochondrie, un plaste et éventuellement un flagelle) ont apporté des informations captivantes sur l’organisation et la diversité de ces constituants de la biomasse, majoritaires dans les écosystèmes océaniques pauvres en éléments nutritifs.
Une présentation tout-à-fait originale, le film de Jean-Pierre MIGNOT « gabarits biologiques : une autre forme d’hérédité ? » a illustré de façon très didactique la réplication des centrioles chez les ciliés.
Merci à Jean-Pierre et à son épouse pour leur participation au congrès. Merci aussi à Jean GENERMONT, à Michèle PEUTO, à Yves BOULARD dont la présence témoigne de leur fidélité au groupement. Le GPLF est une forme d’expression du dynanisme et de l’efficacité des équipes de recherche. Merci au comité d’organisation, au comité scientifique, aux conférenciers et à tous les participants qui ont contribué d’une façon ou d’une autre à la réussite de ce congrès.
La prochaine réunion prévue au printemps 2006 à Dakar fera sans doute une large place aux protistes impliqués en pathologie tropicale. Elle sera l’occasion de mieux connaître les équipes locales et leurs animateurs. La francophonie sera à l’honneur !
Isabelle DESPORTES
L’assemblée générale du GPLF s’est tenue lors du dernier congrès à Dourdan. Geneviève BRICHEUX, notre trésorière, nous a fait part du bilan financier.
Notre présidente Isabelle DESPORTES fait état des principales actions de l’année :
Geneviève a procédé à l’actualisation du site que vous êtes invités à consulter. Les principales informations que l’on y trouve sont les suivantes :
- Equipes. Seules sont notées les équipes qui ont répondu à l’enquête d’actualisation.
- Membres : Seules les adresses électroniques des membres qui ont donné leur accord sont communiquées.
- Le bulletin
- Les diaporamas des conférences des congrès lorsque les conférenciers sont d’accord pour les présenter sur le site, les comptes rendus, etc…
Il est proposé d’y ajouter des documents « protistes ». Philippe GRELLIER et Anne FLEURY AUBUSSON proposent de mettre en place une banque de documents sous le sigle GPLF. Le muséum pourrait héberger le site d’images : un projet de base de données concernant les collections est à l’étude.
Un développement possible du site pourrait être d’affirmer une vocation pédagogique. Il existe en effet une demande qui touche des domaines variés de la protistologie. Une discussion s’engage sur l’opportunité de faire un cycle de cours sur les protistes. Le débat reste ouvert.
Cette société a changé de dénomination (Society of Protozoology) pour devenir une société internationale (International Society of Protistologists). Sina ADL, membre du GPLF et de l’International Society of Protistologists s’occupe de la coordination entre les deux sociétés. Les résumés des congrès du GPLF continueront d’être publiés dans le Journal of Eukaryotic Microbiology qui a changé d’éditeur (Blackwell Ltd).
Le GPLF fait donc partie des sociétés fondatrices de cette fédération. Les actions pour l’année 2004 sont :
Mise en place d’une profession de foi pour les candidats souhaitant se présenter dans les différentes commissions de nos autorités de tutelle. Plusieurs candidats ont été élus.
Participation à l’action « Sauver la recherche »
Portail Internet (en cours d’élaboration)
Projet de congrès commun à toutes les sociétés membres d’ici fin 2006. La forme de cette manifestation est à l’étude.
Sur proposition de Christian VIVARES, ce congrès pourrait se tenir à Dakar, avec la participation de Ben Sikina TOGUEBAYE, organisateur local. Le congrès doit être regroupé avec celui de la SOAP (Société Ouest-Africaine de Parasitologie). Les établissements sénégalais intéressés sont la Faculté des Sciences et Techniques, la Faculté de Médecine, l’Ecole Inter-Etat des Sciences et Médecine Vétérinaires, le Laboratoire national de Recherche vétérinaire, l’Institut Pasteur de Dakar et l’Institut de Recherche pour le Développement (ex-ORSTOM). La Société Française de Parasitologie apporte son soutien à cette manifestation qui intéresse également la Société de Pathologie Exotique.
Ce projet doit être suivi par le bureau. L’urgence est de mettre en place un comité scientifique.
Loic MORIN transmet à Isabelle DESPORTES un courrier émanant de la société des protistologues espagnols qui souhaiterait organiser un congrès commun avec le GPLF.
Daniel VAULOT propose d’organiser le congrès 2007 à Roscoff.
Michèle PEUTO évoque l’opportunité de constituer un groupement européen.
Philippe GRELLIER rappelle qu’une des fonctions du muséum est d’archiver les collections. Le muséum possède déjà un certain nombre de collections historiquement importantes en cours d’archivage. Philippe rappelle qu’il existe deux statuts pour les collections confiées au Museum: le don ou le dépôt.
Les nouveaux membres ont ensuite été présentés. Leur adhésion au groupement a été votée à l’unanimité.
Isabelle Arzul- IFREMER/ F. Berthe – I. Desportes
Emmanuelle Bart-Delabesse- Parasito.Pitié-Salpêtrière
Marie Charpin - Clermont/ C. Amblard – G.Bricheux
Isabelle Florent - Muséum/ P. Grellier – I. Desportes
Gérard Fonty - Clermont/ C. Amblard – G.Bricheux
Nicolas Bouladoux- NIH
Sébastien Charneau - Muséum
Christian Doerig - Glasgow
Mathieu Gissot - INSERM
Lydie Pradel - Bordeaux
Marc Thellier - Paris
Sur proposition du bureau, le groupement souhaite nommer Jean DRAGESCO et Gilbert DEROUX membres d’honneur, proposition acceptée à l’unanimité.
Anne FLEURY-AUBUSSON
Le 27 Avril, Le prix international de parasitologie Emile BRUMPT a été décerné à deux protistologues : Elizabeth U. CANNING et Isabelle DESPORTES, à l’issue de la séance de la Société de Pathologie Exotique à l’Institut Pasteur.
Le 31 Mai, à l’Institut Curie, Réunion préparatoire du Congrès de la Fédération Réaumur des sciences du vivant.
La manifestation prévue fin 2006 puis reportée à 2007 est destinée à faire connaître la fédération. Toutes les sociétés affiliées sont invitées à y participer sous une forme qui reste à définir (regroupement des réunions annuelles des différentes sociétés ?).
Cet événement destiné à une audience élargie est l’occasion pour le GPLF de présenter les divers aspects de la protistologie (santé publique, environnement, biodiversité, relations hôte-parasite, phylogénie moléculaire, origine et évolution des eucaryotes…).
Toutes les propositions sont à communiquer à Daniel THOMAS Président de la fédération.
Le 22 Juin, remise de l’insigne de chevalier de la légion d’honneur à Joseph SCHREVEL par Pierre POTIER à la grande Galerie de l’Evolution (Muséum National d’Histoire Naturelle) en présence d'Emile VIVIER et de Jean MONTREUIL, ses anciens maîtres Lillois. .
May 3-4, 2006 - Dourdan France
Preliminary program
Patrick Wincker (Centre National de Séquençage, Genoscope, Evry France): Paramecium macronuclear genome sequencing
Olivier Jaillon (Centre National de Séquençage, Genoscope, Evry France): Paramecium macronuclear genome annotation
Laura Landweber (Princeton University, New Jersey, USA): The Oxytricha trifallax genome project
Laurent Duret (Université Claude Bernard, Lyon, France): Analysis of excision polymorphism in the macronucleus of Paramecium tetraurelia
Eric Meyer (Ecole Normale Supérieure, Paris, France): Homology-dependent maternal effects and RNA interference in Paramecium
Mireille Bétermier (Ecole Normale Supérieure, Paris, France): Precise excision of Paramecium IESs : the problem of making ends meet
Linda Sperling (Centre National de la Recherche Scientifique, Gif-sur-Yvette, France) : ParameciumDB, an internet resource
James D. Forney (Indiana University, Purdue, Indiana, USA): Proteins and pathways required for developmentally regulated DNA elimination in Paramecium
Judith van Houten (University of Vermont, Burlington, Vermont, USA): Molecular approaches to Chemosensory signal transduction in Paramecium
Helmut Plattner (University of Konstanz, Germany): Paramecium as a model system for multiple calcium-based dynamic processes: what we learned and still expect from molecular biology
Pascale Williams (Université Paris 11, Orsay, France): Paramecium tubulins, evolution or revolution ?
Janine BEISSON (Centre National de la Recherche Scientifique, Gif-sur-Yvette, France): Centrins and Centrin-binding proteins in Paramecium : from genes to assembly of cytoskeletal structures
May 5, 2006 - Gif-sur-Yvette France
Invited Speakers
Sven Saupe (Université de Bordeaux, France)
Roland Pérasso (Université Paris 11, Orsay, France)
Eric Meyer (Ecole Normale Supérieure, Paris, France)
Michel Wright (Toulouse, France)
Jean-Pierre Mignot (Aubière, France)
Maria Jerka-Dziadosz (Nencki Institute, Warsaw, Poland)
Joseph Frankel (University of Iowa, Iowa City, USA)
Keith Gull (University of Oxford, Great Britain)
Jean MENOTTI
Thèse soutenue le 21 décembre 2004
Microsporidioses humaines: aspects moléculaires de l’excrétion et de la viabilité parasitaires – applications pharmacologiques
Les microsporidioses sont des infections opportunistes encore très mal connues sur le plan épidémiologique, physiopathologique et thérapeutique ; elles sont causées par les microsporidies, qui sont des organismes unicellulaires parasites.Les études bio-cliniques et fondamentales que nous avons menées dans le cadre d'une collaboration entre le Laboratoire de Parasitologie et le Service des Maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Louis avaient pour objectifs d'explorer, avec de nouveaux outils de quantification parasitaire, plusieurs aspects physiopathologiques et thérapeutiques des microsporidioses humaines dues à Enterocytozoon bieneusi et Encephalitozoon intestinalis. Ce travail nous a permis :
(i) de développer deux techniques de PCR en temps réel permettant de quantifier l’ADN d’Enterocytozoon bieneusi et d’Encephalitozoon intestinalis ;
(ii) de mettre en évidence par quantification des charges parasitaires dans différents prélèvements la dissémination parasitaire par voie hématogène au cours de l'infection à Encephalitozoon intestinalis chez l'homme et le tropisme tissulaire de ce parasite vers certains organes, en particulier le poumon ;
(iii) de montrer la stabilité de l’excrétion fécale des spores au cours de l’infection à E. bieneusi chez les sujets immunodéprimés ;
(iv) de confirmer la remarquable efficacité thérapeutique de la fumagilline par un suivi de l'excrétion d'ADN parasitaire dans les selles des patients sous traitement ;
(v) de valider un modèle de quantification par PCR en temps réel d’E. intestinalis en culture cellulaire ;
(vi) de montrer l’inhibition de la croissance d’E. intestinalis en culture cellulaire par certains inhibiteurs de l’aspartyl-protéase du VIH, ce qui ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques pour les microsporidioses et suggère que les inhibiteurs de protéases pourraient constituer une nouvelle famille d’anti-parasitaires.
Laboratoire de Parasitologie-Mycologie (Pr. F. DEROUIN)
EA-3520
Faculté de Médecine Lariboisière Saint-Louis
Université Paris 7
Directeur de thèse : Pr. J.-M. MOLINA
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Mathieu GISSOT,
Thèse Soutenue le 7 février 2005.
Etude de la régulation transcriptionnelle des gènes lors du cycle erythrocytaire de Plasmodium falciparum - Implication des acteur de la régulation transcriptionnelle dans les évènements clefs du cycle érythrocytaire
Lors du cycle complexe de Plasmodium falciparum, parasite responsable du paludisme, la phase érythrocytaire est cruciale car responsable de la pathologie chez l’homme et de sa transmission via le moustique. La régulation des évènements de prolifération et de différenciation cellulaire implique un contrôle fin de l’expression des gènes. Cependant, la régulation transcriptionnelle et notamment ses acteurs, les facteurs de transcription et leurs séquences cibles, sont encore peu décrits chez P. falciparum.
Mes travaux de thèse se sont articulés autour de l’étude des mécanismes de régulation transcriptionnelle de P. falciparum lors du cycle érythrocytaire. Nous avons entrepris d’examiner les mécanismes moléculaires à l’origine d’évènements clefs de la vie du parasite et plus particulièrement lors du passage d’une partie des parasites de la division active asexuée à la différenciation en gamétocytes.
Une approche «transcriptome» a été réalisée. La conception et la construction d’une biopuce ciblée composée d'environ 150 gènes impliqués dans la régulation des gènes et du cycle cellulaire ont permis l’identification de gènes différentiellement exprimés lors du cycle érythrocytaire de deux clones 3D7 et F12 (ne produisant pas de gamétocytes). Ces données ont permis aussi de proposer l’implication de plusieurs protéines dans le processus de gamétocytogénèse. L’étude comparative du transcriptome ouvre des perspectives en terme d’intégration du signal de «stress» et de régulation transcriptionnelle de la gamétocytogénèse.
Nous avons engagé, après annotation in silico de plusieurs facteurs de transcription et éléments de régulation, l’étude de la régulation des gènes par un facteur de transcription de la famille des facteurs à domaines tryptophane, PfMyb1. Cette protéine, présente dans les extraits nucléaires lors du développement érythrocytaire du parasite, est capable de lier spécifiquement des motifs ADN, identifiés in silico comme cibles des protéines Myb et présents dans divers promoteurs de P. falciparum. Afin d’évaluer l’importance fonctionnelle de ce facteur dans la régulation de l’expression des gènes, nous avons tenté d’interférer avec l’expression de son transcrit et donc de sa protéine. Une baisse de la croissance des parasites traités par un ARN double brin spécifique du transcrit pfmyb1 a été observée. Les conséquences de l’extinction partielle de l’expression du transcrit et de la protéine PfMyb1, à son pic d’expression au stade trophozoïte du cycle érythrocytaire, sur le transcriptome des gènes de Plasmodium ont été étudiées. Cette étude est réalisée à l’aide de la puce à ADN thématique. L’analyse des promoteurs des gènes, contrôlés directement ou indirectement par PfMyb1, en utilisant la technique d’immuno-précipitation ex vivo de la chromatine, nous a permis de mieux comprendre les modalités de la régulation transcriptionnelle par ce facteur chez P. falciparum.
La connaissance fine du réglage entre les éléments et les facteurs de transcription pourrait permettre le développement d'une stratégie aboutissant à l'altération de l'expression de familles de gènes impliquées soit dans la prolifération asexuée du parasite responsable de la maladie, soit dans sa différenciation sexuée responsable de la dissémination via le moustique.
INSERM U511, Université Paris 6, CHU Pitié-Salpêtrière, 91 boulevard de l'Hôpital, 75013 PARIS.
Directrice de thèse : Catherine VAQUERO.
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Carole GUILLAME
Thèse soutenue le 24 mai 2005
Inhibition du développement intraérythrocytaire in vitro de Plasmodium falciparum par les phospholipases A2 sécrétées d’origine venimeuse ou humaine : rôle des lipoprotéines plasmatiques
La recherche de mécanismes originaux de cytotoxicité vis-à-vis de Plasmodium falciparum, protozoaire responsable du paludisme, centrée sur l’utilisation de toxines animales, a permis d’isoler de puissants inhibiteurs du développement intraérythrocytaire du parasite : les phospholipases A2 sécrétées (sPLA2s). Ces enzymes catalysent l’hydrolyse de la liaison ester en sn-2 d’un glycérophospholipide, libérant un acide gras (AG) et un lysophospholipide (LysoPL). Les concentrations inhibitrices de la croissance parasitaire (CI50) peuvent être de l’ordre du pM. La sPLA2 de venin d’abeille a une toxicité limitée au stade « trophozoïte » du développement parasitaire, toutes les autres inhibent indifféremment le stade « trophozoïte » ou « schizonte ». La toxicité des sPLA2s n’est pas médiée par une interaction directe entre l’enzyme et le globule rouge infecté par P. falciparum, mais par l’hydrolyse des composés sériques du milieu de culture. Dans un milieu de culture exempt de sérum (Albumax II), les sPLA2s perdent la quasi-totalité de leur pouvoir inhibiteur. Les phospholipides sériques, substrats des sPLA2s, sont portés par les lipoprotéines : Chylomicrons, VLDLs, LDLs et HDLs, qui deviennent toxiques après hydrolyse par les sPLA2s. L’étude d’une sPLA2 venimeuse recombinante mutée au niveau de la dyade catalytique ou de la boucle au Ca2+ a confirmé que la toxicité anti-plasmodiale de l’enzyme est indissociable d’un site actif fonctionnel.
Les AGs et lysoPLs générés lors de l’hydrolyse de chylomicrons/VLDLs par les sPLA2s sont principalement de la lysophosphatidylcholine et des AGs longs et insaturés (identification par chromatographie en phase gazeuse). Ces produits lipidiques sont indispensables à la toxicité anti-plasmodiale des lipoprotéines ; en outre, l’oxydation des lipoprotéines hydrolysées est un facteur aggravant de leur toxicité, sans doute lié à la capacité des particules oxydées à interagir avec les érythrocytes.
Les sPLA2s sont largement distribuées parmi les bactéries, les plantes, les invertébrés et les vertébrés avec, par exemple, 9 isozymes catalytiquement actifs chez l’homme. L’augmentation du taux de sPLA2-IIA circulante chez les patients atteints de paludisme, décrite par Vadas et coll. en 1992, ainsi que nos résultats avec les sPLA2s de venins, nous ont conduits à analyser les propriétés anti-plasmodiales des sPLA2s humaines. Alors que la sPLA2-IIA n’a aucune activité anti-Plasmodium à 1,25 µM, les sPLA2s des groupes IIF, V et X sont inhibitrices du développement érythrocytaire in vitro du parasite avec des CI50s de 4 à 250 nM. Contrairement à l’ensemble des sPLA2s testées au cours de ce travail, la toxicité anti-Plasmodium de la sPLA2-X semble indépendante de l’apport de phospholipides exogènes, et découlerait d’un mécanisme original impliquant sans doute une interaction directe entre l’enzyme et l’érythrocyte infecté.
La découverte récente, chez des patients impaludés, de lipoprotéines présentant un degré d’oxydation supérieur à celui d’individus sains, nous a incités à analyser la capacité des sPLA2s humaines IIA, V et X à hydrolyser des Chyl/VLDLs oxydés et à mesurer l’impact de cette hydrolyse sur le développement parasitaire in vitro. Alors qu’aucun effet n’est observé avec la sPLA2-IIA, la toxicité des lipoprotéines est induite par les sPLA2s X et V. L’effet le plus marqué est celui de la V, qui, comme les sPLA2s de venins, est plus active sur les Chyl/VLDLs oxydés que les frais.
Au delà de l’intérêt des sPLA2s dans le contrôle du cycle intraérythrocytaire de P. falciparum, l’ensemble de nos analyses pose la question du rôle potentiel des sPLA2s humaines dans la réponse innée au paludisme.
Mots-clés : protozoaire, Plasmodium falciparum, paludisme, phospholipases A2 sécrétées, lipoprotéines.
Directeur de Thèse : Joseph Schrével
USM504 « Biologie fonctionnelle des Protozoaires »
Département Régulations, Développement, Diversité moléculaire
Muséum National d’Histoire Naturelle
61 rue Buffon, 75231 Paris cedex 05