
G.P.L.F. - INFOS
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G.P.L.F.
INFOS N°11
JANVIER 2002
Sommaire
Cher(e
Ami (e) s
Au nom du
Bureau du GPLF, je vous présente mes
meilleurs voeux pour cette année 2002 déjà commencée.
Jai le
plaisir de vous annoncer que la 40ème réunion du GPLF se déroulera à La
Rochelle, dans le cadre idéal de lEcole de la Mer/ Aquarium, du 29 au 31 mai 2002.
Il aura pour thème : les protistes dans le monde aquatique [p.2]. Comme vous le
constaterez, les deux symposia feront une large part aux protistes libres et à
lapproche écologique. Je souhaite bien évidemment une participation plus fournie,
la date et le lieu aidant, que celle du congrès européen
Microscopy de Barcelone de Septembre dernier ! Il est
possible de se demander pourquoi les réunions généralistes au demeurant plus formatives
pour les chercheurs, surtout les plus jeunes, attirent beaucoup moins de participants. La
spécialisation, renforcée par la bibliographie informatisée et « en ligne »
risque dêtre dommageable. Il est heureux que le nombre de journaux de type
revues/synthèses augmente !
Pour que des
jeunes collègues participent à notre réunion, je rappelle que quelques bourses de
participation aux frais, sur justifications, seront accordées. Il est urgent den
faire la demande, dès réception de ce bulletin. Enfin, je rappelle que les abstracts
seront publiés dans The Journal of Eukaryotic
Microbiology dans le premier numéro de l'année 2002 mais qu'ils seront sur le
serveur du GPLF dès le mois de Septembre, et sur celui de la Society of Protozoologists, courant Octobre.
Dans ce
numéro, vous trouverez les comptes-rendus des deux manifestations protistologiques les
plus importantes de lannée 2001 XIth International Congress on
PROTOZOOLOGY (Salzburg, Autriche) [p. 3] et 7th International
Workshop on Opportunistic Protists (Cincinnati, Oh, USA) [p. 5]. La rubrique
Focus [p. 10] est animée par Geneviève Milon, rubrique que vous
pouvez alimenter en envoyant des résumés. De la même façon, les résumés des thèses
[p. 8] devraient être plus nombreux. Faites un petit effort. Merci.
Pour diverses
raisons, lappel à candidature, pour le renouvellement des membres du Bureau, ne
sest pas déroulé lan passé. Jy procède à nouveau et je précise que
le 28 février prochain constitue la date limite de réception des candidatures [p.12].
Les opérations de vote auront donc lieu courant mars. Lapprobation des résultats
sera effectuée au cours de notre réunion à La Rochelle.
Notre site WEB
a besoin dêtre mis à jour. Prière de nous expédier, par courrier électronique
(ou papier) les modifications à lui apporter. Merci.
Ce numéro, GPLF Info 11, sous les
formes papier et électronique, est envoyé aux adhérents et aux autres afin qu'ils nous
rejoignent. Prière de renouveler votre adhésion ou d'adhérer rapidement. Merci.
Bon et fructueux travail à tous
afin que la Protistologie conserve une place de choix dans les disciplines biologiques.
Bien cordialement.
Christian VIVARES
Directeur de Publication :
Christian Vivarès Rédaction : Geneviève Milon
40e réunion
du GPLF / Programme prévisionnel
Comité dorganisation : Ph.
Goulletquer, F. Berthe, IFREMER, La Tremblade ;
P. Gentien, CREMA-CNRS, La
Rochelle ; G. Blanchard, Université de La Rochelle.
Mercredi 29 mai :
14h : Accueil
14.15h : Jean-Pierre
MIGNOT (membre fondateur du GPLF) : Et si on brevetait les inventions des
Protistes ?
15.15h : Session de communications :
Jeudi 30 mai :
Symposium 1 : Parasitisme dans le milieu marin.
8.45h :
Introduction : Kimberly S. REECE (VIMS, College of William and Mary, USA)
9.15h: Laurent SOULIER (Musée de la
Mer, Biarritz) : Revue parasitaire chez les Cétacés.
9.45h : Xavier de MONTAUDOIN (Station marine dArcachon, Université de
Bordeaux) : Phénologie du système parasite-hôte "Echinostomatidae/coque"
et conséquences sur la dynamique de populations des bivalves marins.
10.15h :
Pause café
10.45h: Franck BERTHE (IFREMER, La
Tremblade) : Exploration du cycle de Marteilia
refringens, parasite paramyxéen de l'huître plate, Ostrea edulis.
11.15h : Nathalie COCHENNEC (IFREMER, La Tremblade) : Revue des interactions
hôte parasite dans le modèle de la bonamiose.
11.45h : Françoise LAGARDERE
(CREMA, CNRS, La Rochelle) : Présence de kystes métacercaires d'un trématode
digène chez les juvéniles de la sole des Pertuis charentais : quelles relations avec les
épizooties de mollusques ?
12.45h : Déjeuner (Ecole de la Mer/Aquarium de La Rochelle)
14.15h : Session Affiche/Communications libres.
17.15h : Visite de
laquarium de La Rochelle.
20.00h : Diner convivial.
Vendredi
31 mai
9.00h : Session de communications libres.
11.00h : Pause café
Symposium 2 :
Rôle des protistes dans les chaînes trophiques
11.15h : Introduction :
Christian AMBLARD (Univ. B. Pascal, Clermont-Ferrand).
11.30h : Christine DUPUY (Univ. La Rochelle) : Rôle fonctionnel des protistes
hétéro-mixotrophes dans le réseau trophique d'un écosystème conchylicole.
12.00h : Maria Teresa PEREZ (CREMA,
CNRS, La Rochelle) : La mixotrophie chez les ciliés pélagiques marins : bénéfices
et coûts potentiels.
12.40 : Déjeuner (Ecole de la Mer/Aquarium de La
Rochelle)
13.40h : Assemblée générale du
GPLF
14.30h : Jean-François CARRIAS
et Télésphore SIME-NGANDO (Univ. B. Pascal, Clermont-Ferrand) : Impact de la
prédation des protistes phagotrophes sur la structure et le fonctionnement des
communautés bactériennes lacustres.
15.00h :
Daniel GILBERT (Univ. Besançon):
Les Rhizopodes: éléments-clefs des réseaux trophiques microbiens dans les écosystèmes
dinterface.
15.30h : Clôture.
Organisateurs: Edna Kaneshiro (Univ.Cincinnati); James Beck (Univ.Michigan); Gaylen Bradley (Pennsylvania State College of
Medicine); Melanie Cushion (Univ. Cincinnati);
David Lindsay (Virginia Tech); Francine Marciano-Cabral (Medical College of
Virginia); Jan Mead (Emory University) and Louis Weiss (Albert Einstein College of
Medicine).
Les spécialistes
des parasitoses opportunistes se réunissent régulièrement tous les deux ans. Le
septième congrès eut lieu à luniversité de Cincinnati où les participants
furent chaleureusement reçus par Edna Kaneshiro. Demblée, les badges sur lesquels
le prénom des participants simposait en gros caractères, témoignaient du
caractère convivial de cette réunion.
La masse dinformations présentées témoigne de lévolution rapide des
connaissances sur ces protistes dont la pathogénicité sest manifestée chez
lHomme avec lémergence du SIDA. Près de 100 interventions concernaient la
pneumocystose; les microsporidies et cryptosporidies firent respectivement lobjet de
24 et 22 présentations. Le toxoplasme fut relativement moins abordé (10 présentations)
sans doute en raison dautres réunions consacrées à ce protiste dont la
pathogénicité était reconnue bien avant le SIDA. Les quelques communications relatives
à Cyclospora et aux amibes (Balamuthia mandrillaris ) attestent de leur
moindre impact dans la pathologie induite par le déficit immunitaire.
Les données fournies par le décryptage du génome et lanalyse de ses
produits intéressent tous les domaines que ce soit la systématique, la phylogénie, les
signalisations et régulations cellulaires, le diagnostic, lépidémiologie par
lidentification de souches et de réservoirs (PCR quantitative en temps réel), et
bien sûr lapproche thérapeutique (identification de cibles médicamenteuses,
résistance aux traitements)
La participation des équipes françaises sest concrétisée par plusieurs
interventions dont deux firent lobjet de tables rondes particulièrement animées :
la révision de la nomenclature de Pneumocytis
carinii et le séquençage du génome de la microsporidie Encephalitozoon cuniculi.
- La mise en évidence de formes de P. carinii propres
à chaque ordre de mammifères (Pneumocystis a
été aussi trouvé chez le dauphin) témoigne de la coévolution hôte-Pneumocystis (données présentées par des
équipes de l'Ecole vétérinaire dAlfort, du Museum National dHistoire
Naturelle, de l'Université dOxford et de l'Institut Pasteur de Lille). Ces
résultats conduisent à substituer une nomenclature binominale à l'actuelle qui est
trinominale. Les paramètres permettant de distinguer les espèces des souches (choix des
gènes et loci communs) ont fait lobjet de débats animés au cours d'une table
ronde. Le Pneumocystis carinii forma specialis hominis deviendrait ainsi P. jiroveci.
- Le séquençage du génome dEncephalitozoon
cuniculi fut présenté par C. Vivarès. Ce génome, le premier séquencé chez un
parasite intracellulaire, est aussi le plus petit connu chez les eucaryotes. Les motifs
présents dans ces gènes permettent de déduire leur fonctionnalité et apportent des
informations sur les voies métaboliques des microsporidies; les homologies avec les
champignons sont confirmées ainsi que le maintien dune activité mitochondriale
résiduelle (information développée dans la revue Nature
en novembre 2001).
IWOP-7 faisant lobjet dun compte-rendu détaillé dans le Journal of Eukaryotic Microbiology, seules
quelques interventions relatives aux différents protistes sont ici résumées.
Pneumocystis: De nouvelles informations sont apportées sur son développement
par S. Peters qui décrit des complexes synaptonémaux dans les stades prékystiques,
confirmant ainsi que la méiose seffectue peu avant lenkystement. Plusieurs
gènes impliqués dans la reproduction sexuée et leurs produits dexpression
(pheromone receptor) ont été identifiés (M.T. Cushion) et, selon une très
intéressante étude de J. Guillot (Ecole vétérinaire dAlfort), des éléments
fongiques à paroi épaisse seraient la forme de dissémination jusqualors inconnue
du parasite comme le suggère lassociation de ces éléments avec la présence
dADN de Pneumocystis dans lair
prélevé dans lenvironnement de patients.
- Des données épidémiologiques sont apportées par l'utilisation généralisée
de la PCR qui révèle la prévalence de Pneumocystis
dans les sécrétions respiratoires de sujets sains, immunocompétents. De même
lassociation de Pneumocystis avec la
bronchiolite de jeunes enfants et la bronchiolite oblitérante de ladulte suggère
son implication dans ces pathologies.
Coccidies : Différentes approches
explorent les relations des cryptosporidies avec la cellule-hôte : La fixation de C. parvum à lépithelium biliaire est
conditionnée par une extension de la membrane du cholangiocyte mettant en jeu
lactine, processus qui requiert laccumulation de cortactine et de Rho-GTP
binding protéines - La réponse de la cellule hôte au parasite est étudiée
daprès lexpression différentielle des ARN messagers - Plusieurs gènes
homologues de deux déjà connus codant pour les protéines dadhésion apparentées
à la thrombospondine (TRAP) sexpriment de façon différentielle au cours du
développement de C. parvum. - Leffet
inhibiteur dun anticorps monoclonal dirigé contre une glycoprotéine ligand du
complexe apical (CSL) sur la fixation du parasite à la cellule hôte, suggère son
utilisation comme antiparasitaire.
- Le chondriome des cryptosporidies est étudié par J. Keithly. Une structure
dépourvue de crêtes correspondrait à une mitochondrie résiduelle de fonctionnalité
hypothétique.
Génotypage et épidémiologie : Lanalyse génotypique renseigne sur
lorigine des souches et espèces de cryptosporidies et leur transmission
intespécifique. D'après l'examen de 4 loci, la plupart des génotypes trouvés chez
lHomme (sujets immunocompétents ou immunodéficients) sont les souches
"humaine" et "bétail" dans lesquels plusieurs sous-génotypes ont
été identifiés. Dautres espèces telles que C. felis , C.
melangreadis dont 6 génotypes ont été identifiés chez les oiseaux. C. muris, voire un Cryptosporidium inconnu, sont détectés chez
lHomme notamment les sujets immunodéprimés par le VIH.
- Le rôle potentiel des insectes dans la dissémination des cryptosporidies est
argumenté par une étude lilloise qui rapporte la présence doocystes chez des
asticots ayant ingéré de la viande de boeuf contaminée. De même, la transmission de la
toxoplasmose à lHomme et à des mammifères marins par lingestion
doocystes présents dans leau de mer ou captés par des mollusques est
démontrée par linfection expérimentale de souris.
Immunologie : Lanalyse du rôle des cytokines dans la réponse
immunitaire des cryptosporidies et du toxoplasme met en exergue le rôle de lIFN-g. Les souris déficientes pour
lIL-12 développent une cryptosporidiose transitoire alors que celles déficientes
pour lIL-10 et lIL-4 demeurent réfractaires. Il en est conclu que
leffet de l IL-12 est lié à son rôle dinducteur de la production
dINF-g. Dautres résultats viennent à
l'appui de cette interprétation : les souris déficientes pour le récepteur CCR5
responsable de la chemotaxie et de lactivation des lymphocytes de la muqueuse
intestinale sont plus sensibles à la cryptosporidiose comme à la toxoplasmose. Ce
résultat confirme limplication de ce récepteur dans lexpression de
lIL-12 inductrice de lIFN-g.
- Les astrocytes du système nerveux central sont une cible de linfection
toxoplasmique. LIFN-g seul ou associé à dautres
cytokines (TNF a,
IL-1, IL-6) inhibe le développement du parasite dans ces cellules (S. Halonen et
L.M. Weiss). Cette inhibition est indépendante du NO, des produits intermédiaires du
métabolisme oxydatif, du manque de fer ou de tryptophane, ce qui suggère l'intervention
dautres mécanismes en cours d'identification.
- Le blocage de lapopotose est une stratégie induite par divers protistes
parasites. Leffet inhibiteur de T. gondii
sexerce au niveau de la caspase 3T. De plus lincapacité du parasite à
induire lapoptose de fibroblastes NFkB KO démontre que leffet
inhibiteur est médié par le facteur transcriptionnel NFkB; des mécanismes identiques sont
rapportés chez les cryptosporidies.
Microsporidies : La protéomique est la nouvelle approche utilisée par H.
Moura et G. Visvesvara (CDC) pour étudier linteraction "Encephalitozoon intestinalis
- cellule-hôte" . Lévolution du profil protéique de la cellule hôte se
traduit par lapparition de spots correspondant à des protéines de différents
stades parasitaires. Cette même équipe a reconsidéré le génotypage des différentes
espèces dEncephalitozoon établi
daprès la variabililité de la région ITS de la petite sous unité de lARNr
en prenant en compte dautres gènes codant respectivement pour une protéine de tube
polaire (PTP) et une protéine de paroi sporale (SWP-1).
Immunologie : La réponse immunitaire est étudiée dans des modèles
expérimentaux. Laugmentation significative des cellules Tgd est constatée chez des souris
infectées par E. cuniculi. Les souris Tgd -/- présentent des
manifestations pathologiques associées à un déficit fonctionnel des cellules CD8+ (I.
Kahn). Par contre la forte augmentation des cellules CD4+ et CD8+ est constatée chez des
souris INF-g R0/0 infectées par E. intestinalis. Le maintien de la réponse
cellulaire explique le caractère non léthal de la microsporidiose chez ces souris. La
persistance dune infection chronique montre que la protection n'est pas totale et
doit faire intervenir d'autres facteurs « IFN-g dépendants » (N. Bouladoux,
Paris).
Développement, cycle cellulaire et traitement : Une très jolie étude
illustre la complexité du développement microsporidien. Thelohania solenopsae, parasite des larves et des
reines dune fourmi rouge, produit trois types de spores : des spores
diplocaryotiques, des octospores monocaryotiques et des macrospores contenant 2 noyaux non
appariés. Les macrospores produites dans les ovocytes assurent la transmission verticale
du parasite, de la fondatrice aux colonies futures (Y. Sokolova)
- La régulation du cycle cellulaire des microsporidies est abordée par les
perturbations induites par des composés antimitotiques sur le développement dE. intestinalis dans les cellules RK13.
Leffet dose de ces composés se traduit par le blocage des divisions dès la
mérogonie aux concentrations les plus fortes. Lidentification des cibles de ces
molécules ouvre des perspectives thérapeutiques, en parasitologie comme en cancérologie
(M. Ouarzane-Amara).
- Deux présentations rapportent que les aminopeptidases sont des cibles
thérapeutiques de choix. La liaison covalente établie entre la fumagilline et la
methionine aminopeptidase de type 2 peut justifier laction de la fumagilline, seule
molécule efficace contre certaines microsporidioses (L. Weiss).
Le 8ème congrés (IWOP-8) aura lieu à Hawai, du 25 au 30 Juillet 2003
(Noubliez pas dapporter des palmes et un masque : la faune marine du littoral
est somptueuse).
Isabelle Desportes
Organisateurs : Dan T. Spira, Israël, Horst Aspöck et Wilhelm Foissner, Autriche
Ce congrès devait
se tenir à Tel-Aviv, Israël mais, pour des raisons de sécurité, il a été déplacé,
6 mois avant sa tenue, à Salzburg. Ceci explique pourquoi le nombre de participants a
été relativement réduit (350) à comparer, par exemple, aux 700 participants au 4e
Congrès International de Clermont-Ferrand (1973). Néanmoins, les participants
appartenaient à 46 pays ; les délégations les plus nombreuses étaient, dans un
ordre décroissant, celles des Etats-Unis, dAllemagne et dItalie (proximité
immédiate) et de lAutriche (pays organisateur) puis celles du Japon et de la
Russie. Sil est aisé de comprendre la faible représentation de la Corée, de la
Chine et du Brésil, celle du Royaume Uni et de la France (12 congressistes) est
surprenante. Il est à noter cependant que les protistologues français ont assuré 2
co-présidences de séance et quils ont été invités à donner 1 conférence
plénière et 2 conférences dans le cadre de symposia.
Outre 4 conférences
plénières, le programme était bien équilibré : 27 sessions/symposia, 12 étant
consacrées aux parasites, 10 aux libres (dont 4concernaient les aspects écologiques) et
5 étant mixtes. Par contre, il est à remarquer que peu de chefs de file de la
Protisto-Parasitologie étaient présents, ceci était moins vrai pour les Ciliés et
autres protistes libres. Le bilan chiffré est le suivant : 89 conférences invitées
ou communications, 152 affiches. Il est donc très difficile den donner un
compterendu exhaustif, jai donc dû seulement relever ce qui ma paru le
plus marquant.
Conférences plénières :
S. Hoffman
(Société Céléra, Rockville, Md, USA) a montré comment la génomique, la protéomique,
limmunologie moléculaire, les nouvelles techniques de vaccinologie et la
bioinformatique concourent à lélaboration de vaccins antipalustres.
K.
Heckmann (Univ. Muenster,
Allemagne) a insisté sur lévolution du code génétique des Ciliés. Le mécanisme
explicatif par lequel le codon stop est reconnu fait intervenir, chez les Ciliés, des
« Release Factors » dans lesquels certains acides aminés des régions
classiquement conservés sont remplacés.
K. Stuart
(Univ.Washington, Seattle, USA) a indiqué que 3 génomes de Trypanosomatidés sont en
cours de séquençage (L.major, T. brucei et T.
cruzi). Les gènes sont organisés en grands groupes (clusters) sur le même brin
dADN et transcrits dans la même direction. Les génomes des 3 espèces étudiées
présentent des régions dans lesquelles les mêmes gènes sont implantés dans le même
ordre. Une seule région peut être promotrice pour des groupes de gènes divergents. Les
systèmes de biopuces ADN et les gels éléctrophorétiques en 2-dimensions ont révélé
des expressions différentielles selon les stades des cycles parasitaires. La
spectrométrie de masse est utilisée pour identifier les protéines du complexe du RNA
editing.
H. Philippe (Univ.
Pierre et Marie Curie, Paris 6) a remis en cause les phylogénies basées sur une seul
marqueur tel lARNr qui a longtemps placé certains groupes de protistes
amitochondriaux à la base des eucaryotes. Ce résultat est maintenant considéré, pour
certains organismes, comme artéfactuel. Lusage de marqueurs multiples est donc
préconisé.
Symposia/Sessions :
Deux
conférences illustrèrent « les molécules fonctionnelles du cortex des
Ciliés », celles données par J. Beisson et B.H. Satir (New York). Parmi les
représentants des 6 sous-familles de tubulines, J. Beisson sintéressa à la d-tubuline dont linactivation du
gène entraîne la perte du tubule-C dans les corps basaux mais qui est sans effet sur la
ciliatogenèse. La duplication des corps basaux est affectée indirectement par
dislocation du cytosquelette cortical. Il apparaît quil existe un « pré
modèle » pour la symétrie-9 de cet organite même si un nombre inférieur à 9
triplets se développe. B.H. Satir développa le rôle de la parafusine,
phosphoglycoprotéine associée aux membranes et vésicules, dans léchafaudage de
protéines et/ou dans le métabolisme du Ca2+.
Dans le symposium « Biologie
cellulaire », Katz (USA) étudia la diversité de lhistone H4 chez les
Ciliés.Les niveaux de divergence entre paralogues à lintérieur dune espèce
varie considérablement suggérant que la duplication des gènes sest déroulée
selon différents tempi à lintérieur de différentes lignées
phylogénétiques. Cette diversification pourrait être due au dimorphisme nucléaire. Une
caséine kinase inhibée par le Ca2+ de type II a été caractérisée
moléculaire chez Paramecium (Kissmehl, eq.
Plattner, Allemagne), elle pourrait être létape tardive du signal de transduction
quand le Ca2+ est régulé négativement après lexocytose et quand
PP63/parafusine est rephosphorylée. Enfin, J.P. Mignot a présenté une vidéo, très
appréciée, sur les Opalines comme modèle de morphogenèse.
La
« Signalisation cellulaire » a été illustrée chez Paramecium (transduction
chimiosensible ; signalisation calcique par Plattner, nucléotides cycliques), chez Tetrahymena (mécanisme opioïde modulant la
phagocytose), chez Euplotes (pheromones par
Vallesi, eq. Luporini).
Le
symposium « Adressage des protéines dans les protozoaires parasites » fut
sous-tendu par les exposés concernant les trypanosomatidés. Ainsi, le tri des protéines
à ancrage GPI fut détaillé par Weise (Allemagne). Le recyclage des protéines des
protéines de surface (VSG) est réalisé grâce à un système endocytaire dont deux
compartiments peuvent être définis par de petites GTPases dont une semble avoir un rôle
spécifique dans le recyclage de VSG (Field, Londres). Enfin, Nolan (éq. Pays, Bruxelles)
a pu caractériser les protéines de la poche flagellaire et a montré que les glycanes
contenant de la poly-N-acetyllactosamine linéaire leur sont associées, les glycanes
pourraient aussi agir comme signal de tri dans le trafic des protéines.
Dans la
session consacrée aux « Trypanosomes et Leishmanies », Garcia-Salcedo (Eq.
Pays, Bruxelles) a caractérisé une protéine kinase chez T. brucei qui pourrait être impliquée dans le
contrôle de la progression du cycle et dans la division cellulaire. Amiguet-Vercher (Eq.
Pays, Bruxelles) par hybridation in situ a mis
en évidence une corrélation entre la localisation des télomères à la périphérie des
noyaux de T. brucei et linactivation
transcriptionnelle des sites dexpression VSG. Fred Opperdoes étudia deux gènes
pour des enzymes de la voie des hexoses monophosphates chez Leishmania (G6PDH, 6-phosphogluconolactonase)
contenant respectivement, soit en C-terminal, soit en N-terminal, un signal
dadressage au péroxysome. Ceci souligne limportance du glycosome dans des
fonctions autres que la glycolyse, telles les processus biosynthétiques et la protection
contre le stress oxydatif.
Le
symposium « Malaria » et la
session « Plasmodium » ont permis
de faire le point sur lultrastructure 3-D et le rôle du cytosquelette dans
lassemblage du mérozoïte (Bannister, UK), la résistance aux drogues et leur
développement. J. Schrével a démontré, in vitro,
que le développement du trophozoïte est inhibé par le sérum de lhôte
prétraité par lactivité catalytique de la phospholipase A2.
Dans le
symposium « Protistes opportunistes », C. Vivarès a présenté
lintérêt de lobtention de la séquence complète du génome de la
microsporidie Encephalitozoon cuniculi, premier
génome de parasite eucaryote intracellulaire. Il a évoqué la possibilité dun
mitosome ou mitochondrie résiduelle dans un organisme réputé amitochondrial Il a mis
laccent sur les protéines Fe-S tout comme J. Keitlhly (USA) à propos de la
mitochondrie de Cryptosporidium. et Tachezy
(Prague) chez les amitochondriaux Trichomonas
vaginalis et Giardia intestinalis.
Le
symposium « Motilité » a bénéficié de conférences remarquables de T.
Hamasaki et P. Satir (NY) respectivement sur le contrôle de motilité ciliaire et les
moteurs moléculaires, et de K. Hill (USA) sur la motilité du trypanosome à laide
la RNAi et de la vidéo.
Un
symposium et une session étaient consacrés aux « parasites intestinaux »
comme Entamoeba et Giardia ; pour ce dernier parasite, P.
Upcroft et J.A Upcroft (Australie) ont développé lorganisation variable du génome
et la position télomérique des unités dADNr.
Dans la
session « Endosymbiontes et Biologie moléculaire », la belle part a été
réservée aux relations ciliés-bactéries. A. Baroin-Tourancheau a mis en évidence des
homologues de gènes régulateurs chez les ciliés tels croc-1, trans-activateur du
proto-oncogène c-fos humain, myb-like possédant
un domaine de liaison à lADN caractéristique
des gènes myb.
La session
« Evolution » a été illustrée par différentes études phylogéniques
concernant surtout les ciliés. D. Gerbod (Lille) a comparé les données morphologiques
et moléculaires pour létablissement dune phylogénie. La constatation de
données conflictuelles invite à une révision de concepts mais surtout de la
systématique des Parabasalidés.
La
dernière session traitait des « Microsporidies et des Myxosporidies ». A
noter les interventions de K. Franzen (Allemane) sur le statut du genre Brachiola, de F. Nilsen (Norvège) sur Thelohania contejeani qui présente deux types
dADNr pour une microsporidie dimorphique, et de C. Vivarès sur les protéines du
tube polaire, la dernière caractérisée étant inédite.
Au cours des sessions « Affiches », des résultats ont attiré
lattention. Ainsi, J.P. Mignot (Paris) a comparé le modèle 9+2 des flagelles et
des cils avec, modèle réduit à lappui, les moteurs davion radiaux à 9
cylindres. E. Viscogliosi (Lille) présentaient 3 affiches : la phylogénie des
gènes des fumarases dans Trichomonas spp.le
cytosquelette microtubulaire de Trichomonas
vaginalis ainsi que le polymorphisme de la SOD de Plasmodium.
La
« Biodiversité » est un sujet de forte controverse : les protistes sont
ubiquitaires et leur richesse en espèces est basse ou, a contrario, leur
distribution est géographiquement limitée et leur diversité est généralement
sous-estimée. Pour Foissner, « trancher entre 3.000 et 30.000 espèces de ciliés
libres » ne pourra être réalisé durant le siècle qui vient de commencer, étant
donné le travail que représente lidentification des protistes du sol dune
région donnée et le manque avéré de spécialistes. Pour Holzman (Suisse), loutil
moléculaire est indispensable pour la caractérisation des Foraminifères.
« Linfluence environnementale » a
été étudiée expérimentalement chez Dictyostelium
par lactivité cholinestérase et son inhibition (Delmonte-Corrado, Gênes) plus
classiquement in situ par rapport à des
polluants (produits pétroliers, chimiques, effluents urbains) ou au laboratoire afin
danalyser la diversité des flagellés mixotrophes, celle des communautés du
microfouling, et de réaliser des biotests toxiques.
La session
« Ecologie » a été illustrée par des présentations consacrées aux
protistes du sol, des sédiments, des biofilms, des estuaires et des côtes (utilisation
de loutil moléculaire).Un symposium co-présidé par F. Rassoulzadegan avait pour
sujet « Lécologie des protozoaires marins ». Limportance
des ciliés planctoniques dans un environnement ologotrophique a été soulignée tandis
que la diversité de comportement nutritionnel des dinoflagellés a été envisagée
(Burkholder, USA).
Une
importante session était consacrée aux « Foraminifères ». Loutil
moléculaire, étant utilisé aussi bien pour la caractérisation que pour la phylogénie,
les protistes des milieux dulçaquicoles et marins faisant lobjet de ces études.
Certains aspects biologiques ont été analysés au laboratoire tels les processus de
calcification (microscopie confocale) ou les dinoflagellés endosymbiontes des Soritidés.
Une
session « Biodiversité et taxonomie » avait les ciliés comme sujet essentiel
et ce, dans tous les milieux quils colonisent. Dini (Pise) a montré
lintérêt biotechnologique des ciliés (terpénoïdes) tandis que la PCR
quantitative était adaptée aux protozoaires du sol (Ekelund, Danemark).
Au total,
comme le but dun congrès quadriennal est de faire le point sur les avancées
importantes de la période récente et de donner des pistes pour le futur, il est permis
de dire que ce but a été atteint. Cependant, labsence de « grandes
pointures » en Parasitologie doit encore être rappelée. Si la génomique a été
évoquée, il faut se rendre compte quelle est encore balbutiante dans de nombreux
groupes de protistes, ce qui laisse encore une place prépondérante aux
« joailliers » de la Biologie. Les protistes constituent toujours non
seulement des très bons modèles détude, mais également des sujets détude
à part entière que ce soit dans le cadre des écosystèmes que dans celles des relations
hôte-parasite. Les technologies que les protistologues ont mis au point sont nombreuses
et augurent, dans lavenir, dexcellents résultats, dans tous les secteurs de
cette recherche.
Enfin, le
prochain congrès aura lieu à Pékin en 2005. Nous en reparlerons
Christian Vivarès
Société Française de Parasitologie et Société Française de Mycologie Médicale
14, 15 et 16 Mai 2002,
LYON
THÈME PRINCIPAL : Génome et post génome des parasites et des
champignons
Comité d'organisation : S. PICOT,
F. PEYRON, C. CHAUVE, P. BOIRON
École du Service de Santé des Armées de
BRON, 331, avenue du Général de Gaulle 69500 BRON
http://www.parasitologie.univ-lyon1.fr/Congres/index%20congres.htm
Auteur : Corinne AUDEMARD
Laboratoire : IFREMER, Laboratoire de Génétique et Pathologie, La Tremblade,
France (Dir.thèse : F. Berthe)
Date :
O7.12.01 (Univ. Perpignan).
Titre :
Stratégie d'utilisation d'espèces animales par Marteilia
refringens
Résumé :
Les
études portent sur la stratégie d'utilisation de différentes espèces animales par le
parasite Marteilia refringens pour assurer son
cycle de vie. Au cours des trente dernières années, la production française d'huître
plate Ostrea edulis a considérablement
chuté. Marteilia refringens est en partie
responsable de cette baisse de production. La gestion des risques liés au développement
de la marteiliose en zone endémique nécessite la mise en évidence des compartiments
fonctionnels du cycle de ce parasite. Les travaux antérieurs ont montré que le cycle de M. refringens était vraisemblablement
hétéroxène, mais cette hypothèse n'avait jamais pu être démontrée. La recherche
d'hôtes de M. refringens a pu être réalisée
par l'application d'outils de biologie moléculaire (PCR et hybridation in situ) sur un
modèle d'étude à biodiversité réduite, les claires ostréicoles. Cette approche a
permis d'identifier un nouvel hôte de M.
refringens : le copépode Paracartia grani.
Le site d'infection chez cette espèce est constitué par le système ovarien. La
stratégie parasitaire de M. refringens est
basée sur le cycle saisonnier de P. grani et
ses abondances au cours de la période d'infection des huîtres. La transmission du
parasite de l'huître au copépode a pu être démontrée, mais l'échec de transmission
du copépode vers l'huître suggère l'implication d'autres espèces.
AUDEMARD
C., Barnaud A., COLLINS C., LE ROUX F., SAURIAU P.G., COUSTAU C., BLACHIER P. F. BERTHE.
2001., Claire ponds as an experimental model for Marteilia
refringens life-cycle studies : new perspectives. J. Exper. Mar. Biol. Ecol.,257, 87-108.
AUDEMARD C., LE ROUX F., BARNAUD A.,
COLLINS C., SAUTOUR B, SAURIAU P.G., DE MONTAUDOUIN X., COUSTAU C., COMBES C., F. BERTHE. 2001.
Needle in a haystack : involvement of the copepod Paracartia grani in the life
cycle of the oyster pathogen Marteilia refringens.
Parasitology, 124 (sous presse).
Auteur :
Nathalie BESNARD-COCHENNEC
Laboratoire : IFREMER, Laboratoire de Génétique et Pathologie, La Tremblade,
France (Dir.thèse :H. Grizel)
Date :
.21.12.01 (Univ. La Rochelle)
Titre :
Bonamia ostreae, parasite de l'huître plate Ostrea edulis : sa position taxonomique parmi
les parasites du groupe « microcell », analyses des interactions
hôte/parasite chez plusieurs populations dhuîtres plates
Résumé :
Létude porte sur la Bonamiose, maladie due au protozoaire Bonamia ostreae, détectée en 1979 pour la première
fois en Bretagne au cours d'épisodes de mortalité. Depuis, cette maladie s'est propagée
à tous les centres ostréicoles français, puis européens. Une autre espèce, B. sp. a été décrite en Nouvelle Zélande et en
Australie. En outre, deux autres parasites ont été rapprochés du genre Bonamia (Mikrocytos mackini sur Crassostrea gigas, au Canada ; M. roughleyi sur les huîtres sauvages Saccostrea commercialis, en Australie). Ces quatre
parasites sont regroupés sous le nom "microcell". Les caractérisations
ultrastructurales et moléculaires de ces parasites ont été réalisées. Elles ont
permis d'inclure les parasites B. ostreae, B. sp et M
roughleyi dans le phylum des Haplosporidia.
Une nouvelle espèce a été créée pour B.
sp : B. exitiosus.
Des outils
moléculaires de détection des genres Bonamia et
Mikrocytos et d'identification d'espèces ont
été mis au point (PCR, PCR-RFLP, Hybridation in
situ).
L'analyse en
cytométrie en flux a permis de caractériser morphologiquement et fonctionnellement les
effecteurs cellulaires des mécanismes de défense des huîtres plates, les hémocytes
circulants. Trois types hémocytaires ont été décrits sur la base de leur taille et de
leur granularité. La répartition hémocytaire indique que la population des cellules
agranuleuses est majoritaire dans l'hémolymphe. Quatre lectines hétérologues ont permis
de discriminer les populations granuleuses et agranuleuses. La mise au point de dosage
d'activités cellulaires a permis d'évaluer pour chaque type cellulaire l'expression de
six activités déterminantes dans les mécanismes post-phagocytaires. Ces activités sont
majoritaires dans les granulocytes. Les grandes cellules agranuleuses et les petits
hyalinocytes présentent les mêmes activités mais les taux d'expression sont plus
faibles. Les résultats de de tests de phagocytose, in vitro, suggèrent que le parasite B. ostreae intervient de manière active dans la
phagocytose. Les résidus glycosylés présents sur la membrane cytoplasmique du parasite
sont identiques à ceux présents à la surface des granulocytes, suggérant un rôle
important des lectines dans les phénomènes de reconnaissance et d'internalisation.
Afin de
rechercher d'éventuelles relations entre ces paramètres et la résistance à la
Bonamiose, différentes populations d'huîtres sensibles et sélectionnées ont été
comparées. L'étude a permis de mettre en évidence une corrélation entre l'expression
des estérases des grandes cellules agranuleuses et la résistance à la Bonamiose. Ces
paramètres pourront servir de critère de sélection dans les programmes d'amélioration
génétique.
COCHENNEC N., LE ROUX F., BERTHE F.,
GERARD A. 2000. Detection of Bonamia ostreae based on
small subunit ribosomal probe. J. Invertebr.
Pathol., 76, 26-32.
HINE
P.M., COCHENNEC-LAUREAU N., BERTHE F.C.J., 2001. Bonamia
exitiosus n.sp. (Haplosporia) infecting flat oysters, Ostrea chilensis, in New Zealand. Dis. Aquat. Org., 47, 63-72.
Au seuil de l'année 2002, je viens dire au revoir à mes amis protistologues, car je
quitte mes fonctions de chercheur CNRS.C 'est avec un petit pincement au coeur que j'
abandonne la biologie des protistes . C'est en 1963, alors encore étudiante, que
j'assistais à mon 1er congrès des protistologues à Paris, où je rencontrais les
professeurs P.P Grassé et R.Hovasse. Je me souviens de congrès mémorables, tel celui de
Clermont- Ferrand, où nous faisions une marche vers le Puy de Dôme avec les Professeurs
Lom et Corliss, tel encore celui d'Aussois avec les professeurs P.P Grassé et E.
Fauré-Frémiet.
En
1978, Monsieur De Puytorac mit fin à mon isolement scientifique et administratif en
m'intégrant dans son
équipe CNRS. J'eus ainsi le plaisir de partiper aux travaux
sur les ciliés du rumen avec Jean Grain et Jean Sénaud. Les Ciliés rendus axéniques,
étaient implantés sur des agneaux eux-mêmes axéniques. Ces recherches étaient menées
activement en collaboration avec les chercheurs de l'INRA dont Gérard Fonty. Je garde de
cette époque un très bon souvenir, où l'on savait allier travail scientifique et
amitié, car chacun des Clermontois s'ingéniait pour ne pas me laisser seule lors de mes campagnes d'expériences à Theix, et m'invitait
à partager le repas en famille.
En
1988, j'intégrais une Unité INSERM d'interface Physique- Biologie avec mon mari, tout en
restant protistologue, mais sur un protiste parasite " Toxoplasma gondii" et
m'associais avec des parasitologues de l'IFR de Médecine de Reims.Ce fut également une
période agréable bien que différente , mais tout aussi enrichissante sur le plan
scientifique.
Les réunions de protistologues très sympathiques me manqueront, car
je prenais plaisir à retrouver mes amis chaque année.
A tous les protistologues, je dis au-revoir avec une certaine
émotion . A tous, je formule mes voeux les plus chaleureux pour que vos travaux de recherche continuent de rayonner dans le
monde et manifestent l'importance de notre spécialité.
Bien Amicalement ,
Annie Bonhomme
FOCUS sur :
La variation antigénique des trypanosomes africains
: identification dune nouvelle étape...
Les trypanosomes africains prolifèrent dans le sang de leur hôte en échappant à
la réponse immunitaire par un processus sophistiqué de variation antigénique de leur
protéine majeure de surface. On estime à plus de 1000 le nombre de gènes différents,
qui sont transcrits par une ARN polymérase I à partir d'une vingtaine de sites
d'expression semblables. Il est essentiel pour le parasite de maintenir un seul site
d'expression actif à la fois. En utilisant une combinaison d'anticorps anti-ARN
polymérase I et de marquage in vivo des sites
d'expression, Miguel Navarro et Keith Gull viennent de démontrer l'existence d'un domaine
unique au sein du noyau du trypanosome (Nature 414,
759). L'ARN polymérase I et le site ACTIF
d'expression (et pas les sites inactifs) colocalisent dans ce microdomaine, qui est
indépendant du nucléole. Les résultats suggèrent qu'un seul site d'expression peut
prendre place dans ce domaine, entraînant ainsi l'exclusion physique de tous les autres
sites d'expression potentiels et assurant l'expression dite mono-allélique indispensable
à la réussite de la variation antigénique.
A
suivre donc.
Philippe Bastin (Museum National dHistoire
Naturelle, Paris).
_________________________________
La séquence complète du génome de la microsporidie
E. cuniculi : un génome en miniature.
Récemment, une équipe de
Clermont-Ferrand a complété le séquençage du génome complet dun parasite du
type microsporidie, Encephalitozoon cuniculi
(1). Cette même équipe avait précédemment complété la séquence du chromosome 1 de
ce même génome (2). Avec la multiplication des publications concernant les génomes
complets, on peut être un tant soit peu blasés et passer à côté dinformations
qui pourront savérer capitales à plus dun titre. Lintérêt du génome de E. cuniculi peut être considéré sous de
nombreux angles. Il sagit là dun génome eucaryote qui a subi une
miniaturisation drastique, avec, au final, une taille totale de lordre de 2,9
millions de paires de bases (taille plus petite que bien des génomes bactériens...).
Avec une telle taille, E. cuniculi représente
à lheure actuelle le plus petit génome eucaryote -nucléaire- connu. En tant que
parasite - éventuellement pathogène - et modèle des microsporidies, qui parasitent
pratiquement tous les représentants du monde animal, létude détaillée des gènes
de E. cuniculi présente bien sûr un grand
intérêt biologique, et notamment appliqué (nouvelles molécules à usage
thérapeutique, etc). Ces ouvertures possibles ont été discutées en détail ailleurs et
on pourra sy référer avec intérêt (2, 3, 4).
Au-delà de ces aspects biologiques singuliers, on peut penser que létude
dun génome ayant subi une telle miniaturisation pourra aussi éclairer dun
jour nouveau lévolution des génomes, en général, et des parasites en
particulier. Quitte à énoncer une banalité, il est possible de mettre en avant le fait
que les études évolutives manquent cruellement de repères -dans de nombreux cas- pour
pouvoir assurer avec certitude que telle entité précède telle autre : ainsi, selon les
écoles, on peut défendre aussi bien lidée de procaryotes issus des eucaryotes, ou
linverse, de même que personne nest en mesure daffirmer si les gènes
en morceaux sont antérieurs ou postérieurs aux gènes simples, etc. Dans les cas des
génomes ayant subi une miniaturisation poussée, une telle incertitude nexiste pas
: chez des parasites, des endosymbiontes, les génomes miniatures dérivent de génomes
beaucoup plus grands suite à des délétions de régions entières,et/ou
laccumulation progressive de pseudo-gènes, etc. Comme cest souvent le cas,
les mécanismes les plus généraux peuvent être auscultés plus facilement
(relativement) dans des situations où leurs effets sont les plus accentués et
amplifiés. A ce titre, létude du génome dE.
cuniculi pourrait se concevoir dans un cadre plus vaste (une tectonique
des génomes ?), englobant une série dexemples venant également du monde
bactérien, etc :
- le génome de Rickettsia prowazekii (5), pouvant représenter
une étape intermédiaire de lévolution dun génome bactérien vers un
génome du type mitochondrial.
- létude
comparative des génomes de mycobactéries, avec notamment une très forte
dégénérescence des capacités codantes des gènes dans M. leprae (6).
- létude
comparative des génomes dE. coli et de
lendosymbionte Buchnera APS
(correspondant essentiellement à un génome dE.
coli réduit au 1/7eme (7, 8)).
- enfin, en
revenant au monde eucaryote, on peut noter que nous nous trouvons peut-être à
lheure actuelle dans une situation assez privilégiée puisquen plus du
génome nucléaire discuté ici des génomes du type nucléomorphe ont été également
complétés (les 3 chromosomes du nucléomorphe du cryptomonade Guillardia teta (9, 10)).
Avec ces différents génomes, on pourra probablement disposer doutils
puissants pour essayer de décortiquer un certain nombre de causes et deffets
impliqués dans cette miniaturisation. Si lon peut constater des différences très
frappantes (dégénérescence progressive de gènes ou au contraire compaction extrême
des régions codantes), on peut aussi entrevoir des schémas communs quil reste à
approfondir : par exemple, il est frappant que les chromosomes dE. cuniculi présentent une structure symétrique
très particulière (avec des gènes de rDNA dans les deux régions subtélomériques) qui
se retrouve à lidentique dans les génomes de nucléomorphes de cryptomonades.
Cette structure particulière du génome dE.
cuniculi saccompagne aussi dune organisation assez spectaculaire du GC%
(en cloche symétrique) le long des chromosomes. Il est alors peut-être assez frappant de
constater quune structure assez voisine pour la courbe du GC% semble exister dans
les chromosomes de P. vivax (sur la base de
séquences partielles qui viennent dêtre disponibles (11)), structure qui ne se
retrouve pas chez P. falciparum.
Ces quelques remarques ont pour unique but de constituer un pointeur vers ces
études comparatives pour les génomes miniaturisés (ou en cours de miniaturisation),
avec le génome dE. cuniculi
représentant très certainement un maillon fondamental dans tous les schémas évolutifs
qui pourraient en découler.
(1) Katinka M.D.,
Duprat S., Cornillot E., Méténier G., Thomarat F., Prensier G., Barbe V., Peyretaillade
E,. Brottier P., Wincker P., Delbac F., El Alaoui H., Peyret P., Saurin W., Gouy M.,
Weissenbach J., Vivarès C.P. 2001.
Genome sequence and gene compaction of the eukaryote parasite Encephalitozoon cuniculi. Nature,
414 : 450-453.
(2) Peyret
P., Katinka M..D., Duprat S., Duffieux F., Barbe V., Barbazanges M., Weissenbach J.,
Saurin W., Vivarès C.P. 2001. Sequence and analysis of chromosome I of the
amitochondriate intracellular parasite Encephalitozoon
cuniculi (Microspora). Genome Res.,
11 :198-207.
(3) Keeling
P.J.. 2001. Parasites go the full monty. Nature
, 414
: 401-402.
(4) Vivarès
C.P., Méténier G. 2001. The
microsporidian Encephalitozoon. Bioessays, 23
:194-202.
(5)
Andersson S.G., Zomorodipour A., Andersson J.O., Sicheritz-Ponten T., Alsmark U.C.,
Podowski R.M., Naslund A.K., Eriksson A.S., Winkler H.H., Kurland C.G. 1998. The genome
sequence of Rickettsia prowazekii and the
origin of mitochondria. Nature, 396 :133-140.
(6) Cole
S.T. & al. 2001. Massive gene decay in the leprosy bacillus. Nature., 409
:1007-1011.
(7)
Shigenobu S., Watanabe H., Hattori M., Sakaki Y., Ishikawa H. 2000. Genome sequence of the
endocellular bacterial symbiont of aphids Buchnera
sp. APS. Nature 407 : 81-86.
(8) Moran
N.A, Mira A. . 2001.The process of genome shrinkage in the obligate symbiont Buchnera aphidicola. Genome Biol, 2 : Research 0054.
(9) Douglas
S., Zauner S., Fraunholz M., Beaton M., Penny S., Deng L.T., Wu X., Reith M.,
Cavalier-Smith T., Maier U.G. 2001. The highly reduced genome of an enslaved algal
nucleus. Nature
, 41 :1091-1096.
(10) Gilson
P.R. 2001 Nucleomorph genomes: much ado about practically nothing. Genome Biol., 2 : Reviews 1022.
(11)
Tchavtchitch M., Fischer K., Huestis R., Saul A. 2001.The sequence of a 200 kb portion of
a Plasmodium vivax chromosome reveals a high
degree of conservation with Plasmodium falciparum
chromosome 3. Mol Biochem Parasitol., 118 : 211-222.
Edouard Yeramian (Institut Pasteur).
Permettez-moi
dattirer votre attention sur la publication suivante parue dans Bioinformatics Discovery note, 2002, 18, 190-193 par E. Yeramian, S. Bonnefoy & G.
Langsley : Physics-based gene identification : proof of concept for Plasmodium falciparum.
Bonne lecture génératrice
de nouvelles approches.
G. Milon
Le mandat de deux ans des membres élus du Bureau sest terminée fin 2001. Il
convient dorganiser des élections avant notre prochaine Assemblée Générale qui
aura lieu à La Rochelle et qui doit entériner le nouveau Bureau. La tradition veut
quaprès un premier mandat, les membres du Bureau se représentent. A lheure
actuelle, nous navons enregistré quune démission, celle de M. Olivier
Sparagano, secrétaire-adjoint. Il y a donc, au moins, un poste à pourvoir. Nous
souhaiterions quun (e) jeune chercheur (se), si possible titulaire dune HDR,
nous rejoigne.
Les candidatures doivent être envoyées de toute urgence par mel à gplf@univ-bpclermont.fr / christian.vivares@univ-bpclermont.fr
. La liste des candidats sera indiquée sur le site web du GPLF. Pour ceux qui le
souhaiteraient, une liste portant le nom des candidats leur sera expédiée.
Les opérations électorales se dérouleront par voie postale ou mel durant le mois
de
Mars.
LES
PROTISTES DANS LE MONDE AQUATIQUE
40ème
REUNION DU GPLF, LA ROCHELLE
Ecole de la Mer- Aquarium de La Rochelle - 29-31 Mai 2002
FICHE
DINSCRIPTION
NOM : Prénom :
M
Mme
Titre :
Doctorant :
Adresse
:
Code
Postal :
.
Ville :
Téléphone :
Fax :
E-mail :
Demande mon inscription au Colloque
Titre de la communication :

Communication
orale
Communication
sur panneau
- L'inscription sera définitive à la réception des frais
d'inscription.
- Membre GPLF (à jour de leur cotisation 2002) : 75
- Non membre
:
95
- Doctorants
:
45
Les chèques sont à
libeller à lordre du GPLF
Les bons de commande à : colloque GPLF
Les frais d'inscription incluent les repas, le dîner
convivial, les pauses café, la visite de laquarium.
Loriginal de la fiche d'inscription devra être renvoyée
à : Réunion GPLF 2002
Franck Berthe, IFREMER, Laboratoire de Génétique et Pathologie,
BP 133, 17390 La Tremblade, France
tel : (33) 5 46 36 98 36 ; fax : (33) 5 46 36 37 51 ; Mel : fberthe@ifremer.fr
La copie de cette fiche devra être envoyée à :
GPLF
(C.Vivarès), Biologie A, Univ.B.Pascal, 63177 AUBIERE Cedex
Mel : gplf@univ-bpclermont.fr
/ christian.vivares@univ-bpclermont.fr
HEBERGEMENT :
Ci-dessous, à titre indicatif, voici
les coordonnées de deux hôtels à prix moyens , à proximité de la gare et de
laquarium.
B &B City, 140 bd Joffre, 17000 La Rochelle,
Tél. : 05.46.51.20.20 ; www.hotel-bb.com
FAST'HOTEL (*), 20 rue Alfred Kastler, 17000 La
Rochelle, Tél. : 05.46.45.46.00/ fax : 05.46.44.72.71, (Parking privé, douches-wc privatifs dans toutes les chambres. Prix 29€. ligne Bus 10 pour le centre de La Rochelle)
Il est important de
noter que simultanément se déroulera un important Congrès européen et quil faut
réserver le plus rapidement possible.
EDITION DES RESUMES POUR LE DOCUMENT DE LA REUNION
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TITRE (Times, corps 12,
majuscules, gras).
AUTEURS : (Times, corps 11, majuscules) NOM Initiale prénom
Adresse :(Times, corps 10, minuscules)
Texte : (Times, corps 12)
A envoyer à:
Secrétariat Réunion GPLF 2002
Franck Berthe
IFREMER, Laboratoire de Génétique et Pathologie
BP 133, 17390 La Tremblade, France