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GPLF-INFOS 19Juillet 2006Siège social: |
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- EDITORIAL -
L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a accueilli notre 44 ème réunion annuelle, regroupée cette année avec le congrès international de parasitologie organisé par la Société Ouest Africaine de Parasitologie. L'ouverture de cette manifestation par la ministre de la recherche du Sénégal, Mme Yaye Kène GASSAMA DIA, témoigne d'emblée de l’investissement des autorités politiques dans le développement des recherches sur les parasitoses et la mise en place de nouvelles stratégies antiparasitaires.
Le thème principal fut incontestablement le paludisme auxquels huit des seize sessions furent exclusivement consacrées. La résistance du Plasmodium à la chloroquine suscite un effort de recherche considérable et le nombre des communications sur les traitements par l’association de molécules incluant les dérivés de l’artemisinine confirme que la bithérapie est la démarche actuellement préconisée.
Le Plasmodium ne fut pas l’unique sujet des interventions; d’autres protistes firent notamment l’objet des deux conférences inaugurales : les trypanosomes avec un exposé de M.S. TOURE (trypanosomoses Africaines : situation et perspectives) et les leishmanies avec la présentation par J. P. DEDET du centre de référence des Leishmania de Montpellier et de son évolution en un Centre international de Ressources Biologiques.
Les infections opportunistes tinrent comparativement une moindre place. Parmi les quelques présentations sur ce sujet, deux rapportèrent des données relatives à la diversité génétique des souches de la microsporidie Enterocytozoon bieneusi au Gabon et au Niger (Marc THELLIER, Françoise GAY-ANDRIEU).Deux symposia furent organisés par le GPLF. Le premier (Biologie moléculaire et cellulaire des unicellulaires) fut introduit par une conférence de Nancy GUILLEN (Institut pasteur, Paris) sur l’amibiase et de nouvelles perpectives de diagnostic, le second (Génétique et génomique des unicellulaires) avec une conférence d’Emmanuel CORNILLOT (Université de Clermont) sur l’analyse contextuelle des gènes eucaryotes.
Cette manifestation conviviale aura été positive à plus d’un titre. Outre l’échange d’informations entre les congressistes de pays francophones engagés dans un même partenariat, elle a permis d’étendre celui-ci à de nouvelles équipes. Elle a montré le dynamisme des parasitologistes Africains. La motion votée à la session de clôture témoigne de leur forte motivation et de leur volonté de s’unir pour faire face aux infections parasitaires et aux problèmes générés par l’apparition de souches résistantes chez leurs agents comme chez les vecteurs. Ce texte n’exclut pas, bien évidemment, la collaboration Nord-Sud. (voir la section Déclaration ci-dessous).
Merci à nos collègues Bhen S. TOGUEBAYE, Omar NDIR, Omar FAYE, à tous ceux qui les assistèrent pour l’organisation de ce congrès. Merci à la Société Ouest Africaine de Parasitologie et à son Président, M. Samba DIALLO ainsi qu’à tous ceux qui participèrent à ces journées très denses. D’ores et déjà, notre prochain colloque est programmé. En effet, dès le retour de Dakar, les dates du 45èm congrès du GPLF ont été fixées avec Daniel VAULOT qui propose de nous accueillir l’an prochain. Il se tiendra donc à la station biologique de Roscoff du 21 au 25 mai 2007.
Isabelle DESPORTES
-Le billet du co-Président du Congrès -
Le congrès, riche de résultats et de promesses, a bénéficié du cadre magnifique de l’UCAD dont Monsieur le Recteur SALL peut être fier. Le jumelage GPLF et SOAP s’est révélé être un grand succès puisque les participants venaient de 14 nations africaines et de 4 nations européennes. Comme dans tout congrès, pour différentes raisons essentiellement financières, certains de nos collègues n’ont pu nous rejoindre et c’est bien regrettable. Il est déplorable que certaines aides attendues ne nous soient pas parvenues. Un point très positif est la forte participation de jeunes chercheurs La recherche en Afrique a besoin de ces forces vives, elles sont là. Certaines ont été formées en Europe soit à travers des doctorats soit au travers de post-doctorats mais d’autres l’ont été sur ce continent et cela est très satisfaisant. L’établissement du LMD dans différents pays africains d’expression française est un atout pour le futur ; ainsi, à Dakar, le master de Biologie Cellulaire et Moléculaire devrait constituer très prochainement un germe pour la cristallisation des espoirs et souhaits des étudiants africains.
Christian Vivarès
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- Déclaration des Participants au Congrès International de Parasitologie et au 44ème Colloque du GPLF -
DAKAR, 22 – 26 MAI 2006
La Société Ouest Africaine de Parasitologie et le Groupement des Protistologues de Langue Française ont organisé conjointement à Dakar, du 22 au 26 mai 2006, le Congrès International de Parasitologie de Dakar et le 44ème Colloque du Groupement des Protistologues de Langue Française. Ces congrès conjoints ont enregistré la participation de plus de 250 chercheurs venus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique et ont enregistré la tenue de 2 conférences magistrales, 5 conférences thématiques, 131 communications orales, 15 communications affichées et 2 symposiums. Les principaux thèmes abordés ont été le paludisme, les trypanosomoses, les leishmanioses, les bilharzioses, la filariose lymphatique, les géohelminthiases, les parasites et les parasitoses d’intérêt vétérinaire, ainsi que les parasites et les parasitoses d’animaux aquatiques.
LES PARTICIPANTS,
Considérant que le paludisme, qui est la maladie parasitaire la plus répandue en Afrique de l’ouest et du centre où il constitue la principale cause de morbidité et de mortalité et un obstacle au développement socio-économique, et qu’il bénéficie depuis quelques années d’une attention particulière de la communauté internationale, qui devra se poursuivre encore pendant plusieurs décennies.
Constatant qu’en dehors du paludisme, d’autres parasitoses humaines et des parasitoses animales en dépit de leur fréquence, de leur gravité et de leur impact négatif sur le développement socio-économique, ne bénéficient pas de toute l’attention requise, aussi bien des autorités administratives locales que celle de la communauté internationale ; sans être exhaustif entrent dans ce cadre les trypanosomoses humaines africaines, les schistosomoses, les géohelminthiases et les leishmanioses.
Considérant l’importance des parasitoses d’importance vétérinaire en Afrique et leurs conséquences très néfastes sur le développement de l’élevage
Constatant que la biologie et la génétique moléculaires constituent des secteurs scientifiques encore peu accessibles à la communauté scientifique Africaine
Considérant l’impact négatif des agents pathogènes sur le développement de l’aquaculture en Afrique
Lançons un appel
A tous les Etats Africains pour :
a) Considérer comme prioritaires la mise en œuvre urgente de programmes de lutte contre les maladies parasitaires humaines et animales dans leur politique de santé
b) Promouvoir la recherche (notamment la recherche opérationnelle) et la formation des personnels de santé sur la lutte contre les maladies parasitaires en AfriqueRecommandons
Aux autorités gouvernementales et à la communauté scientifique Africaine de :
1) Sur le plan de la lutte contre les maladies parasitaires
- Mettre à la disposition des populations africaines les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine et les moustiquaires imprégnées pour lutter contre le paludisme
- Déparasiter régulièrement les populations,
- Traiter les populations par l’association de l’ivermectine et de l’albendazole pour lutter contre la filariose lymphatique en zone d’endémie
- Mener des campagnes de sensibilisation des populations sur les maladies parasitaires
- Lutter contre les parasitoses animales par des traitements réguliers
- Renforcer la lutte contre les glossines vectrices des trypanosomoses humaines et animales2) Sur le plan de la recherche
- Appuyer les réseaux de recherche thématique sur les parasitoses humaines et animales
- Promouvoir la recherche médicale et vétérinaire à travers des unités de recherche opérationnelle, des laboratoires ou des pôles d’excellence
- Etablir ou réactualiser les cartes de distribution des vecteurs et / ou hôtes intermédiaires en intégrant les données dans un système d’information géographique
- Faire l’inventaire des principales maladies d’animaux exploités en aquaculture et développer des actions de recherche sur l’épidémiologie, la prévention et le traitement de ces maladies3) Sur le plan de la formation
- Créer une école doctorale régionale en parasitologie,
- Renforcer la formation les domaines de l’entomologie et de la malacologie
- Promouvoir la biologie et la génétique moléculaires, ainsi que la bio-informatique et l’immunologie dans les structures de recherche et de formation.Fait à Dakar le 26 mai 2006
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- Compte-rendu de la Réunion de bureau –
-3 mai 2006 Dourdan -
Etant peu représenté au congrès de Dakar, le bureau du GPLF s’est réuni à l’occasion de la réunion du GDR Paramécie qui s’est tenue à Dourdan les 3 et 4 Mai 2006,
Etaient présents : Isabelle Desportes, Philippe Grellier, Geneviève Bricheux, Loic Morin, Anne Aubusson Fleury.Les points suivants furent discutés :
1. Futurs congrès GPLF
La prochaine réunion du groupement aura lieu à Roscoff du 21 au 25 Mai 2007.
Un congrès joint avec Séville est prévu pour 2008. Les pourparlers sont encours.2. La Fédération Européenne de Protistologie a été constituée. Klaus Hausmann est le premier secrétaire général. Il est prévu un congrès à Saint Pétersbourg du 23 au 27 Juillet 2007. Le Correspondant est Sergey Fokin. L’annonce du congrès est disponible sur le site du GPLF. Anne Aubusson Fleury est proposée comme correspondant pour le GPLF.
3. La Fédération Réaumur a prévu un congrès à Grenoble en Octobre 2007. En tant que Groupement de cette Fédération, le GPLF souhaite proposer l’organisation d’un symposium. Loic Morin se propose d’organiser cette réflexion.
Philippe Grellier propose d’organiser un atelier de Parasitologie sur le thème relation hôtes/parasites/symbiose.4. Le congrès international de zoologie, Paris - Août 2008.
La participation du GPLF est à étudier.5. Hommage à P.P. Grassé.
La Présidente propose qu’un hommage soit rendu à P.P. Grassé dans le prochain bulletin à l’occasion de l’anniversaire des 20 ans de sa disparition. Pierre de Puytorac a donné son accord.6. Autre perspective : la réalisation d’une exposition sur les protistes à la Grande Galerie du Muséum.
Anne Aubusson Fleury
Secrétaire du GPLF
- Annonces de conférences et de Congrès -
- ICOPA XI 6-11 août 2006, Glasgow, Ecosse
-3rd COST B22 Annual Congress on “Drug Discovery and Development for Parasitic Diseases” October 1-4, 2006, Athens, Greece 2nd Announcement. http://www.eie.gr/iopc-costb22/index.html
- Symposium sur les "zoonoses à protozoaires" en décembre 2006 à l'AFSSA, Maisons-Alfort
-V European Congress of Protistology and XI European Conference on Ciliate Biology July 23–27, 2007 St. Petersburg, Russia. http://ecp2007.ifmo.ru/
- EMOP X (European Meeting of Parasitology) 24-29août 2008, Paris.
- Communiqué de la Société Française de Parasitologie
Dans le cadre des Chaires Internationales de Recherche Blaise Pascal (Fondation de l’Ecole Normale Supérieure de Paris, de l’Etat et de la Région d’Ile de France) et avec le parrainage de la Société Française de Parasitologie ,
le Pr Mariano J. LEVIN du Laboratoire de Biologie Moléculaire de la Maladie de Chagas – INGEBI - CONICET, Centre de Génomique Appliquée - Université de Buenos Aires et Département des Maladies Infectieuses de l’Institut Cochin (Inserm U.567) donnera un enseignement du 11 au 18 septembre 2006 sur : Données actuelles sur la trypanosomose américaine
Les cours auront lieu dans la salle de Conférence au 2ème étage de l’Institut Cochin, 22 rue Méchain, 75014, Paris.L’accès est libre mais merci de prévenir Michelle Liu (mliu@cochin.inserm.fr) de votre participation.
Lundi 11 septembre - 17 heures - 19 heures
I : La maladie de Chagas et son impact en santé publique. Trypanosoma cruzi, cycle de vie et interaction avec différents hôtes. L’influence du contexte social dans l’endémicité. Description de différents cas cliniques : le patient JL (I). Importance de la clinique pour les études moléculaires.
II : Origine de la cellule eucaryote à la lumière des récentes données génomiques. Trypanosomes et Trypanosoma cruzi. Biologie Moléculaire du Trypanosoma cruzi.
Mardi 12 septembre - 17 heures - 19 heures
III : 1993-1994 : Contribution française au projet génome humain et son influence dans le développement des projets génomes des parasites kinétoplastidés, Trypanosoma brucei, Trypanosoma cruzi et Leishmania major. Place phylogénétique et morphologique des protozoaires kinétoplastidés. Importance sanitaire.
IV : 2005-2006: Analyse des génomes des trois parasites kinétoplastidés. Analyse comparative. La « genome base » des kinétoplastidés. Premières analyses du protéome parasitaire.
Mercredi 13 septembre - 18 heures - 19h30
V : Diagnostic moléculaire de la maladie de Chagas. Phase aiguë, chronique et maladie cardiaque. Sérologies et PCR. Le parasite échappe mais reste toujours dans l’individu infecté. Description de différent cas cliniques : le patient JL et autres (II).
VI : Différentes lignées de T. cruzi, diagnostic différentiel par PCR. Possibilité de diagnostique sérologique des différentes lignées. La « mémoire de l’infection » : la grave erreur de la revue américaine « Cell ». Les traitements des patients et leur suivi.
Jeudi 14 septembre - 17 heures - 19 heures
VII : Particularités et spécificités des structures cellulaires du Trypanosoma cruzi et des autres kinétoplastidés. Molécules liées à l’adhésion et invasion des cellules mammifères : trans-sialidases et mucines de T. cruzi.
VIII : Les particularités de la réponse immune dans la maladie de Chagas. Réactions croisées des anticorps anti-T. cruzi avec des récepteurs cardiaques et rhodopsine. Possibles conséquences cliniques.
Lundi 18 septembre - 17 heures
Conférence de clôture et cocktail:
Vers de nouvelles thérapies contre le Trypanosoma cruzi, agent de la maladie de Chagas et endémie parasitaire majeure en Amérique latine.
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- Autres informations -
- Les anticorps monoclonaux destinés au diagnostic de la microsporidiose intestinale sont disponibles. Ils sont présentés sous forme de kit et produits par Bordier Affinity Products SA. Les précisions sont données sur le site www.bordier.ch/microsporidia.- L'International Society of Protistologists http://www.uga.edu/~protozoa/ a renouvelé son bureau et Isabelle Desportes fait partie du nominating committee.
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- Hommages -
Ces premiers mois de l’année 2006 ont été marqués par la disparition de plusieurs collègues membres ou sympathisants du GPLF.
Lluis VALLMITJANA ROVIRA
Né à Torredenbarra (Catalogne, Espagne) en 1915, L. Vallmitajana est décédé à Barcelone le 15 Janvier 2006. Il fut Professeur de Cytologie et Histologie à la Faculté de Biologie de l’Université de Barcelone. Il y créa en 1965 un service de microscopie électronique devenu depuis le vaste ensemble des Services Scientifico Techniques de l’Université de Barcelone, qu’il dirigea jusqu’à son départ à la retraite en 1985.
Il appartint à plusieurs sociétés scientifiques et en 1982 fut nommé Membre de la Real Academia de Ciencias y Artes de Barcelona.
Outre son intérêt pour le chondriome de la fibre musculaire, sujet de sa thèse doctorale, il manifesta toujours une vive curiosité pour le monde des unicellulaires. Membre du Groupement des Protistologues de Langue Française, Lluis Vallmitajana participa à nos nombreux colloques et y présenta plusieurs communications; il intervint à Poitiers en 1978 : « Mise en évidence d’une Microsporidie chez un Crustacé Copépode » (avec M. Durfort), à Banyuls en 1979 : « Cytologie et Biologie d’une nouvelle Microsporidie chez Mytilicola intestinalis, Steur (Crustacea,Copepoda) » (avec M. Durfort), à Séville en 1980 : « Unicaryon mytilicolae, hyperparasite de Mytilicola intestinalis: cycle évolutif et ultrastructure » (avec C. Vivarès et M. Durfort, J. Protozoology. 1980, 27,3,77A).
En 1986 il présida le Comité d’organisation du XXV ème Colloque du G.P.L.F à Barcelone et ce fut pour lui une grande joie de recevoir à son tour, dans son université, les membres du Groupement rencontrés à de précédentes réunions qui eurent pour cadre de bien de belles villes de France et de Belgique.
Mercédes DURFORT
Université de Barcelone
Eric PRECIGOUT 1958-2006
Eric Précigout, un grand ami du GPLF, est décédé subitement ce mois d’avril à l’âge de 48 ans. Professeur à la Faculté de Pharmacie de l’Université Montpellier 1, il animait avec le Professeur André Gorenflot le Laboratoire de Biologie Cellulaire et Moléculaire (EA 2413 Immunoprophylaxie et Chimiothérapie des parasitoses et des mycoses – ERT 1038 « vaccination antiparasitaire »). Ses premiers pas dans la recherche scientifique se firent, en 1985, sous la direction du Dr Jean Marc Gallo et du Professeur Joseph Schrével au Laboratoire de Biologie Cellulaire de l’Université de Poitiers. Ils concernaient l’étude du cytosquelette microtubulaire du trypanosome. Avec Jean Marc Gallo, il a notamment montré pour la première fois une ségrégation subcellulaire de béta tubuline au niveau de 4 microtubules sous-pelliculaires à la localisation particulière, au niveau de la zone d’attachement du flagelle au corps cellulaire, zone complexe impliquée dans la morphogenèse de la cellule fille lors de la division du trypanosome.
La venue d’André Gorenflot en année sabbatique (1988-1989) au laboratoire de Poitiers lui a ouvert un nouveau champ d’investigation qui constituera sa thématique de recherche de prédilection et en fera un chercheur incontournable et de renommée internationale dans ce domaine : la biologie des Apicomplexes du genre Babesia et les approches vaccinales pour lutter contre ces parasites. Son doctorat dirigé par Joseph Schrével et soutenu en 1989 portait sur la caractérisation d’antigènes protecteurs contre Babesia divergens, un parasite transmis par une tique affectant principalement les bovins en Europe, mais pouvant également être responsable d’infections très graves, voir mortelles chez l’homme splénectomisé. Sa thèse a également montré le modèle expérimental remarquable où la même souche de B. divergens pouvait se développer chez l’homme, la gerbille et le bovin avec des différences morphologiques selon les érythrocytes concernés.
Recruté comme Maître de Conférence à l’Université de Montpellier en 1991, il rejoint l’équipe d’André Gorenflot où il poursuivit ses travaux sur Babesia et contribua grandement, avec Bernard Carcy qui les rejoignit plus tard, au développement du laboratoire de Biologie Cellulaire et Moléculaire actuel. Ses travaux sur la diversité antigénique de Babesia et une collaboration soutenue avec la société Intervet-International lui ont permis de déposer de nombreux brevets. Le dernier en date (2004) est basé sur les propriétés immunogéniques de vaccins constitués d’une protéine fusion « particulière » et de saponine comme adjuvant. La protéine fusion est constituée d’une peptide hydrophobe hétérologue fusionné aux extrémités N- ou C-terminales du polypeptide d’intérêt qui possède au moins un épitope protecteur. Ce peptide hydrophobe est essentiel à l’efficacité du vaccin et son utilisation pourrait être étendue à d’autres vaccins contre des protozoaires parasites. Ses travaux de vaccination contre Babesia divergens utilisant ce procédé et la protéine parasitaire Bd37 viennent d’être publiés cette année dans le journal Vaccine.
Eric s’était récemment investi avec l’aide du Génoscope et de l’équipe Parasitologie Moléculaire et Cellulaire du Laboratoire de Biologie des Protistes de Clermont-Ferrand dans le séquençage du génome de Babesia microti, un parasite de rongeur responsable de babésiose murine, mais également humaine. Le génome de B. microti représente le plus petit génome décrit à ce jour au sein des Apicomplexes (5,2Mb, 3 chromosomes) suggérant une structure génomique originale et un protéome minimal pour ce parasite. La comparaison avec les génomes connus d’’Apicomplexes devrait permettre de définir ce que doit être l'information protéique minimale pour une fonction essentielle chez ces parasites aux cycles de vie complexes.
Nommé Professeur en 2001 à l’Université de Montpellier, et à l’image de ses principes, il s’est toujours attaché à privilégier autant l’enseignement que la recherche par la mise en place de cours, TD et TP en Biologie Cellulaire et Moléculaire, et Parasitologie, de même qu’à assumer les nombreuses responsabilités administratives locales ou nationales inhérentes à sa fonction. Eric Précigout restera ce chercheur dynamique et enthousiaste, de rigueur scientifique, sensible et sincère en amitié qui préférait mettre en avant ses collaborateurs plutôt que lui-même.
Philippe GRELLIER
Muséum National d’Histoire Naturelle
Jean FEBVRE
Jean Febvre nous a quittés en avril dernier à 66 ans au terme d'une longue année de lutte contre une maladie implacable.
C'est une tâche bien difficile de parler de lui au passé. Ceux qui l'ont rencontré ne serait-ce qu'une fois ne peuvent avoir oublié son dynamisme. Jean était un concentré de vivacité, de curiosité et de gaieté. Il ne passait jamais inaperçu, bousculant son entourage, tant était grand son désir d'entraîner les autres à partager la vie.
Photo: Jean Febvre et Jean Grain.
Je me souviens encore de son arrivée en 1964 à Nice, accompagné de Colette Chevalier, sa future femme. Nous avions environ 25 ans et l'on nous confiait la tâche de créer, tous les trois ensemble, l'enseignement des travaux pratiques de biologie animale dans des bâtiments neufs, vides de tout matériel et déserts. Nice, alors Institut dépendant de l'Université de Marseille, accueillait un nombre croissant d'étudiants. Pour accomplir ce travail de pionniers plutôt harassant, la fougue de Jean fut des plus efficaces.
L'année suivante quand Nice devint une Université, Jean Cachon fut nommé professeur et, grâce à l'accueil du Directeur de la Station Zoologique de Villefranche-sur-Mer, développa un axe de recherche sur les organismes microplanctoniques attribuant un groupe de protistes à chacun de ses élèves. C'est ainsi que Jean Febvre est devenu un spécialiste des Acanthaires. Passionné de recherche, l'imagination toujours en éveil, améliorant sans relâche son matériel d'optique et ses caméras à grande vitesse. Il a mis des bricolages tout aussi astucieux qu'étonnants, au service de la connaissance de la motilité cellulaire des protistes.Jean a accompli toute sa carrière de Maître de Conférences à l'Université de Nice. Associé finalement à une équipe de recherche du CNRS à Villefranche, il a poursuivi ses recherches au delà de sa retraite. Il est manifeste que les produits chimiques nocifs de la microscopie électronique ont été la cause de son irrémédiable maladie sanguine.A sa mère qui lui survit, à Colette qui fut son alter ego, tout au long d'une vie riche de passions et d'aventures, nous ne pouvons que dire notre profonde peine. Jean était de ceux qui aimaient trop la vie pour qu'elle le trahisse si prématurément.Michèle Peuto-Moreau
Liste non exhaustive de publications par Jean Febvre
FEBVRE, J. (1971). Le Myonème d’acanthaire. Essai d’interprétation ultrastructurale et cinétique. Protistologica, 7 : 379-391.
FEBVRE, J. (1972). Le cortex ectoplasmique des acanthaires. I.- Les systèmes maillés. Protistologica, 8 : 169-178.
FEBVRE, J. (1973). Le cortex ectoplasmique des acanthaires. II.- Ultrastructure des zones de jonction entre les pièces corticales. Protistologica, 9 : 35-43.
FEBVRE, J. (1974). Relations morphologiques entre les constituants de l’enveloppe, les myonèmes, le squelette et le plasmalemme chez les Arthracantha Schew. (Acantharia). Protistologica, 8 : 169-178. (Erratum non corrigé a postériori : il s’agit de Chaunacanthes et non d’Arthracanthes).
FEBVRE, J. (1977). La division nucléaire chez les acanthaires. Etude ultrastructurale de la mitose. Comparaison avec la caryocinèse d’autres organismes. J. Ultrastruct Res. 60 : 279-295.
FEBVRE, J. & FEBVRE-CHEVALIER, C. (1979). Ultrastructural study of zooxanthellae of three species of acantharia (Protozoa : Actinopoda), with details of their taxonomic position in the Prymnesiales (Prymnesiophyceae, Hibberd, 1976. J. Mar. Biol. Ass. UK. 59: 215-229.
FEBVRE, J. (1981). The myoneme of the Acantharia (Protozoa): A new model of cellular motility. Biosystems, 14 (3-4): 327-336.
FEBVRE, J. & FEBVRE-CHEVALIER, C. (1982). Motility processes in Acantharia (Protozoa). I. Cinematographic and cytological study of the myonemes. Evidence for a helix-coil mechanism of the cont filaments. Biol. Cell, 44 : 283-304.
FEBVRE, J. & FEBVRE-CHEVALIER, C. (1989). Motility processes in Acantharia (Protozoa). II. A Ca2+dependent system of contractile 2-4 nm filaments isolated from demembranated myonemes. Biol. Cell, 67 : 243-249. (Couverture du volume 67 de Biology of the Cell).
FEBVRE, J. & FEBVRE-CHEVALIER, C. (1989). Motility processes in Acantharia (Protozoa). III. Calcium regulation of the contraction-relaxation cycles of in vivo myonemes. Biol. 67 : 251-261.
FEBVRE, J. FEBVRE-CHEVALIER, C. & SATO, H. (1990). Polarizing microscope study of a contractile nanofilament system : the acantharian myoneme. Bio. 69, 41-51.
FEBVRE, J. (1990). Phylum Actinopoda Class Acantharia. In:. Handbook of Protoctista. (Margulis, L., Corliss, JO,. Melkonian, M. & Chapman, DJ, Eds.
Jean collabora également à des travaux sur les héliozoaires, notamment :
Febvre-Chevalier, C. Bilbaut A . Bone Q. & FEBVRE J. (1986). Sodium-calcium action potential associated with contraction in the heliozoan Actinocoryne contractilis. J. Exp.Biol. 122: 177-192.
Febvre-Chevalier, C. & FEBVRE J. (1992). Microtubule disassembly in vivo: intercalary destabilization and breakdown of microtubules in the heliozoan Actinocoryne contractilis. J. Cell Biol. 118: 585-594.
Bouffault, F . FEBVRE, J. Milan, C. Paindavoine M.& Grapin J. (1997). A high-speed video microsystem. Meas. Sci. Technol. 8 398-402. (Dans le cadre de la Thèse de F. Bouffault et de la réalisation d’une caméra vidéo rapide).
Organisation de congrès
1977 : Responsable de l’exposition d’appareillages scientifiques (microscopes électroniques) lors du Congrès de la Société Française de Biologie Cellulaire, organisé par J et M Cachon à Nice.
1981 : Coorganisateur du Colloque CNRS sur le Microzooplancton, Villefranche-sur-Mer.
1981 : Coorganisateur du « First International Workshop on Microzooplankton » d’une durée de 15 jours sur le microzooplancton, Villefranche-sur-mer.
1985 : Responsable de l’organisation matérielle (vidéo, films, sono) des conférences lors du “First International Congress on Cell Motility” organisé par M. Cachon.
1992 : Coorganisateur du Congrès annuel du Groupement des Protistologues de Langue Française.
Quelques autres activités dans le cadre de la retraite
2001-2005 Secrétaire de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Maritime de Villefranche (ASPMV). Nombreuses activités de divulgation du savoir, tant scientifique (Observatoire Océanologique), que culturelle (ASPMV) et humanitaire (Amnesty International)
2002-2003 : Secrétaire et organisateur du Premier Salon des Arsenaux Historiques de Méditerranée « La Navigation du Savoir » organisé par l’ASPMV. (Programme Euromed II de la Méditerranée sous l’égide de l’Union Européenne et de l’Unesco. 7 arsenaux institutionnels et 5 arsenaux invités). Citadelle de Villefranche, 10-15 juillet 2003.
2003 : Coorganisateur et encadrant à la Semaine de la Science de l’Observatoire Océanologique de Villefranche.
2003 : Conférence publique sur la diversité des protozoaires planctoniques à l’Association « Océan » à Bordeaux.
2004 : 13-16 octobre 2004 : Concepteur et organisateur du stand de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Maritime de Villefranche (ASPMV) lors du Salon des Arsenaux historique de Méditerranée à Malte.
2004-2005 : Participation importante à l’organisation, l’illustration et la rédaction des pages plancton du site internet www.darse.org (portail de l’Unesco « La Navigation du savoir »)(suivre le chemin : général, sommaire, sciences, plancton). La plupart des images de microorganismes planctoniques sont de Jean.
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- Evocation -
Il y a un peu plus de 20 ans, en juillet 1985 disparaissait le grand zoologiste Pierre-Paul GRASSE. Il fut l’un des fondateurs du GPLF et les anciens se souviennent de la création du groupement dans l’amphithéatre du Laboratoire d’Evolution des Etres organisés. Nous devons à Pierre de PUYTORAC cette évocation de son œuvre et de sa personnalité.
Pierre-Paul GRASSE 1895-1985
P.P Grassé au microscope électronique. Photo Alain Robert DEVEZ
.P.P. Grassé en mission chez les pygmées au Gabon. Photo Alain Robert DEVEZ
A l’été 1985, Pierre-Paul GRASSE s’est éteint dans son château de Rouffignac, en cette terre de Dordogne, dont il se plaisait à rappeler qu’elle avait été le lieu d’élection des hommes préhistoriques ; et à laquelle, enfant du Périgord, il était très attaché. Il y marqua sa présence par le soutien apporté au développement des Eyzies et aux recherches de préhistoire à Domme. De son grand-père, ébéniste d’art, il tenait un goût des belles œuvres de l’artisanat et de la culture locale. Il en appréciait l’art culinaire au point de rédiger lui-même un livre de recettes régionales.
Il partageait l’attrait de la bonne table avec son Maître O.Duboscq, qui, à Montpellier, l’initia à la protistologie en lui confiant l’étude des Flagellés parasites ou symbiotes d’Insectes (essentiellement de Termites), de Batraciens et de Reptiles. Très tôt, Grassé comprit que les protistes sont un modèle cellulaire de prédilection (la cellule y étant aussi un organisme autonome), et que leur bonne connaissance est indispensable à une compréhension pertinente de l’Evolution, ce que confirme pleinement aujourd’hui la Biologie moléculaire.
Du point de vue cytologique, ses travaux portent sur les Flagellés, les Sporozoaires (Apicomplexa), les Ciliés, les Myxosporidies, les Schizophytes associés aux Protistes. On peut retenir ses études et avec divers collaborateurs :
1) sur l’appareil parabasal des Flagellés dont il montra le rôle sécrétoire dès 1926, puis son assimilation à une association de dictyosomes (1956) et sa reproduction (1935, 1977) par bipartition (dictyocinèse) ou par néoformation (à partir du réticulum endoplasmique);
2) sur la cinétide, où il reconnut l’homologie cil-flagelle et l’homologie blépharoblaste-centriole-centrosome, comprit la capacité organisatrice de la matrice périblépharoblastique « capable de provoquer l’assemblage de certaines molécules et de les ordonner d’une manière rigoureusement définie », démontra (1961) la reproduction du blépharoblaste par induction (et non par division) ;
3) sur la structure des chromosomes des Flagellés des termites (on parlait alors de la spiralisation d’un chromonema) et le déroulement de la pleuromitose, (ce qui l’opposa à Cleveland sur de nombreux points) et sur l’interprétation de la striation des chromosomes permanents des Péridiniens, comme repliement hélicoïdal d’un chromonema multifibrillaire, avant que Giesbrecht (1966) pense aux repliements d’une seule fibrille décrivant une succession d’hélices ;
4) sur la démonstration de l’état pluricellulaire des trophozoïtes et des spores de Myxosporidies, voyant dans les Myxozoaires un cul de sac évolutif apportant la preuve que l’évolution des Unicellulaires en Pluricellulaires s’est effectuée selon des voies variées. Cette interprétation est actuellement remise en question depuis la mise en évidence que les myxozoaires sont des pluricellulaires transformés par la vie parasitaire ; l'apparentement avec les cnidaires reste à confirmer.Au point de vue zoologique, Grassé, seul ou en collaboration, a décrit de nombreuses espèces de Protistes, créé plusieurs genres et taxa nouveaux. Sa passion, quasi physique pour les livres, n’est pas totalement étrangère à sa magistrale réalisation : la rédaction du Traité de Zoologie, avec ses 42 volumes, auquel il a lui-même apporté une large contribution, rédigeant directement les chapitres ou les révisant. Par ailleurs, il dirigeait les Annales de Sciences Naturelles (Zoologie) et participait à la rédaction de plusieurs périodiques. Alors qu’il était professeur à l’université de Clermont-Ferrand (à 33 ans), déjà attiré par les écosystèmes africains, il commença un travail sur les termitières cathédrales, qui le conduisit ultérieurement à des travaux fondamentaux sur l’éthologie des termites. En 1937, il occupa la chaire d’évolution des êtres organisés de la Sorbonne, devint rapidement membre (1948) puis président de l’Académie des Sciences. Après la guerre où il eut une conduite exemplaire, quoique peu connue, il participa à la création du CNRS et de l’INRA. Il créa la mission biologique au Gabon (avec la revue Biologia Gabonica), ayant déjà fondé la station biologique de Besse en Chandesse et celle des Eyzies.
Travailleur acharné, ayant soif de connaissance sur tout (il se reconnaissait aussi comme maîtres Bataillon et Picard), Grassé laisse une œuvre scientifique considérable (414 publications), accumulée au cours d’une longue carrière (1923-1985). Alors qu’il adopta très tôt les nouvelles techniques de la microscopie électronique (il créa le Centre de microscopie électronique du CNRS, à Paris), il est remarquable qu’il resta en dehors du développement de la biologie moléculaire. Des générations d’étudiants ont été formées avec le Manuel de Biologie animale de Aron et Grassé. D’une autorité incontestée, plutôt véhément dans la discussion, peu enclin au compromis, Grassé n’en était pas moins un homme abordable et compréhensif, ayant lui-même surmonté de lourdes peines. Il a dirigé les recherches de plus de soixante élèves en protistologie, écologie, éthologie. Comme membre du Comité consultatif des Universités et des commissions du CNRS pendant plusieurs années, Grassé a marqué le développement de la biologie en France. Comblé d’honneurs en France et à l’étranger, il reste un maître de la Protistologie et une des dernières grandes figures de la Zoologie.
Pierre de PUYTORAC
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- Résumés de Thèses -
Olivier SILVIE
Date de soutenance : 26 janvier 2006 ( Spécialité : Interface Chimie– Biologie)
Directeur de thèse : Pr. Dominique Mazier INSERM U 511 Immuno-biologie Cellulaire et Moléculaire des Infections Parasitaires, Faculté de Médecine Pitié-Salpêtrière, 91 bd de l'hôpital 75013 Paris, France
Laboratoire d'accueil :
- INSERM U 511 Immuno-biologie Cellulaire et Moléculaire des Infections Parasitaires, Faculté de Médecine Pitié-Salpêtrière, 91 bd de l'hôpital 75013 Paris, France
CD81 et microdomaines enrichis en tétraspamines : rôle dans l’infection des hépatocytes par Plasmodium.L’infection des hépatocytes par les sporozoïtes constitue une première étape obligatoire du cycle de Plasmodium chez l’hôte vertébré. Les mécanismes impliqués dans l’invasion des hépatocytes restent mal caractérisés.
Nous avons découvert que CD81, une protéine transmembranaire appartenant à la famille des tétraspanines, est nécessaire à l’infection des hépatocytes par les sporozoïtes de Plasmodium falciparum, de Plasmodium yoelii, et dans certains cas de Plasmodium berghei. L’expression de CD81 suffit à rendre les cellules hépatocytaires HepG2 sensibles à l’infection par les sporozoïtes de P. yoelii mais pas ceux de P. falciparum, suggérant l’intervention d’autres molécules pour ce parasite. Une caractéristique majeure des tétraspanines est leur capacité de s’associer entre elles et avec d’autres molécules de surface pour former des microdomaines membranaires distincts des radeaux lipidiques classiques (« rafts »).
Nos résultats montrent que le cholestérol membranaire contribue non seulement à la localisation de CD81 dans les microdomaines enrichis en tétraspanines mais aussi à l’infection par les sporozoïtes de Plasmodium lorsqu’elle implique une voie dépendante de CD81. Nous n’avons pas pu mettre en évidence d’interaction directe entre CD81 et les sporozoïtes, ce qui suggère que CD81 pourrait ne pas jouer un rôle de récepteur pour le parasite mais intervenir de manière indirecte. EWI-F et EWI-2, deux protéines transmembranaires associées à CD81 dans les hépatocytes, ne sont pas directement impliquées dans l’infection par les sporozoïtes. Au contraire, EWI-F a un effet inhibiteur sur l’infection, peut-être lié à une réorganisation des microdomaines à tétraspanines ou à une compétition avec un autre partenaire de CD81. Une autre molécule associée à CD81 pourrait donc jouer un rôle essentiel dans l’infection par les sporozoïtes, éventuellement comme récepteur, mais sa nature reste à déterminer.
Nassira MAHMOUDI
Date de soutenance : 6 Février 2006
Directeur de thèse : Martin DANIS
Laboratoire d'accueil : INSERM U 511 Immuno-biologie Cellulaire et Moléculaire des Infections Parasitaires, Faculté de Médecine Pitié-Salpêtrière, 91 bd de l'hôpital 75013 Paris, France
Apport de la modélisation mathématique dans la recherche de nouveaux médicaments antipaludiques.
Dans le cadre de la recherche de nouveaux médicaments antipaludiques, nous nous sommes intéressés à la modélisation mathématique. Trois cent quatre vingt quinze molécules évaluées in vitro ont servi à une première étude « Relation Quantitative Structure-Activité» (QSAR), afin de développer un modèle mathématique capable d’identifier des molécules potentiellement inhibitrices du développement sanguin de P. falciparum. Des indices topologiques ont été utilisés comme descripteurs structuraux des molécules et reliés à leurs activités antipaludiques par un traitement statistique du type LDA (Linear Discriminant Analyse) et MLR (MultiLinear Regression). Un modèle QSAR composé d’une équation MLR et de deux équations LDA (DF1 et DF2) a été obtenu et nous a permis de classer correctement 90 et 80% des composés, respectivement par DF1 et DF2.
L’application de ce modèle à une base de données issue du Merck Index a abouti à la sélection et à l’évaluation in vitro de vingt deux composés contre le clone 3D7w de P. falciparum. Dix sept d’entre eux se sont avérés inhibiteurs avec des CI50 inférieures à 5µM.
Une deuxième étude similaire, a été réalisée sur le développement hépatique de Plasmodium à partir d’une base de données de cent vingt sept molécules dont l’activité antipaludique in vitro contre le stade hépatique de P. y. yoelii était connue. Deux modèles topologiques ont été obtenus : le premier permet de discriminer une molécule active d’une molécule inactive, et le deuxième sert à identifier les molécules très actives parmi les molécules actives précédemment sélectionnées. L’application de ces modèles aux cent vingt sept composés de la base de données nous a permis d’obtenir 83 et 97% de classification correcte, respectivement, par les deux modèles.
Dans un second temps, quatre cent soixante dix neuf molécules dont l’activité sur le développement hépatique du parasite n’était pas connue ont été criblées. Treize molécules prédites comme antipaludiques potentielles ont été sélectionnées et testées in vitro contre le stade hépatique de P. yoelii. Parmi celles-ci, des inhibiteurs de protéases du VIH, et différents antifongiques ont été trouvés actifs à des concentrations inhibitrices (CI50) de l’ordre du nano molaire, et deux ionophores ont montré un effet inhibiteur complet sur le développement hépatique.
Ces résultats démontrent l’efficacité remarquable des approches QSAR et de la topologie moléculaire pour l’identification de nouvelles molécules actives contre les deux stades de développement de Plasmodium.
Mots clés : Plasmodium, stade sanguin, stade hépatique, qsar, drug design
Sylvie BRIQUET
Date de soutenance : 21 Juin 2006
Directeur de thèse : Catherine Vaquéro
Laboratoire d'accueil : INSERM U 511 Immuno-biologie Cellulaire et Moléculaire des Infections Parasitaires, Faculté de Médecine Pitié-Salpêtrière, 91 bd de l'hôpital 75013 Paris, France
Participation à l’étude de la régulation transcriptionnelle des gènes de Plasmodium falciparum lors du cycle érythrocytaire. Caractérisation de facteurs nucléaires des familles Myb et HMGB.
Le cycle érythrocytaire de Plasmodium falciparum, parasite responsable du paludisme, alterne entre prolifération intense et différenciation sexuée impliquant un contrôle fin de l'expression des gènes. Cependant, les acteurs de la régulation transcriptionnelle sont encore peu décrits.
L'étude comparative du transcriptome des clones 3D7 et F12, ne produisant pas de gamétocytes, a permis d'identifier à l'aide d'une bio-puce thématique, plusieurs gènes différemment exprimés et potentiellement impliqués dans la régulation des événements clés de la vie du parasite.
L'annotation de facteurs de transcription et d'éléments de régulation nous a conduit à analyser un facteur spécifique de séquence ADN de la famille Myb des protéines à domaines tryptophane. La protéine PfMyb1 présente dans les extraits nucléaires du parasite est capable de se lier à des motifs "Myb Regulatory Element" MRE identifiés dans des promoteurs plasmodiaux. L'inactivation du gène pfmyb1 par un ARN double brin a montré que ce facteur est essentiel à la survie du parasite et qu'il intervient dans la régulation transcriptionnelle de plusieurs gènes. Puis, deux facteurs spécifiques de structure ADN de la famille "High Mobility Group" des protéines à motif "HMG-box" HMGB ont été caractérisés par leurs propriétés architecturales essentielles au remodelage de la chromatine. Les différences d'activité, de localisation et d'expression lors du développement érythrocytaire de PfHMGB1 et PfHMGB2 soulignent leur absence de redondance dans le parasite.
La caractérisation de ces interactions dynamiques ADN/protéines pourrait fournir de nouvelles stratégies de lutte contre cet important pathogène humain.
Mots clés : Plasmodium, Régulation, Transcription, Paludisme, Facteur de transcription, Facteur architectural, Cycle érythrocytaire
Damien BROSSON
Date de soutenance : 16 Janvier 2006
Directeur de thèse : Christian. VIVARES et Catherine TEXIER.
Laboratoire d'accueil :Laboratoire de Biologie des Protistes, Université Blaise Pascal, 63177 Aubière Cedex.Analyse protéomique et caractérisation de nouvelles protéines de paroi chez Encephalitozoon cuniculi, une microsporidie pathogène de l'homme.
La microsporidie Encephalitozoon cuniculi est un parasite intracellulaire obligatoire capable d’infester un large spectre d’hôtes dont l’homme. Ce pathogène opportuniste est responsable de nombreuses infections principalement chez les individus immunodéprimés. La spore, forme de résistance et de dissémination, est protégée des stress environnementaux par une épaisse paroi composée d’une endospore chitineuse et d’une exospore glycoprotéique. Bien que constituant l’interface des relations hôte-pathogène, peu de données décrivent les protéines de cette structure. Le génome nucléaire de ce parasite a été séquencé et ces travaux se placent donc dans un contexte d’analyse post-génomique.
Le premier volet de ces travaux a été de décrire le protéome exprimé dans les stades tardifs de développement d’E. Cuniculi. Les protéines majeures de ces stades ont été extraites grâce à des traitements séquentiels et identifiées par spectrométrie de masse (MALDI-TOF-MS et LC-MS/MS) selon deux stratégies complémentaires : analyse des spots protéiques résolus par électrophorèse bidimensionnelle (2D-PAGE), ou analyse directe des extraits protéiques (approche type « Shotgun »). 177 protéines différentes ont ainsi pu être identifiées, permettant d’obtenir, pour la première fois chez une microsporidie, une vision globale de la physiologie de la spore.
Le second objectif concerne la recherche de nouvelles protéines pariétales chez E. cuniculi et leur caractérisation au cours du cycle de développement. Une première exploitation des données du protéome a permis l’identification d’une chitine déacétylase putative localisée à l’interface membrane plasmique – endospore et probablement impliquée dans la formation de la paroi, de deux protéines localisées à l’endospore, ainsi que d’une protéine d’exospore. Nous avons également établi un crible bioinformatique pour sélectionner des protéines candidates à une localisation pariétale parmi les protéines à fonction inconnue du protéome de E. cuniculi, ces protéines devant être en partie spécifiques du parasite. Onze protéines candidates ont ainsi été déterminées et la validation de leur localisation est actuellement en cours.
Le suivi de la localisation, au cours du cycle de développement du parasite, des protéines pariétales identifiées dans ce travail nous permet de proposer le premier modèle de morphogenèse de la paroi microsporidienne et d’en donner une vision dynamique qui n’était pas clairement envisagée jusqu’à présent.
Mots-clés : Microsporidies, Encephalitozoon cuniculi, Protéomique, 2D-PAGE, Shotgun, spectrométrie de masse, physiologie cellulaire, Paroi, morphogenèse